Communiqués (2018)

Invitation

Chers membres, chers amis, chers sympathisants,

L'association des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg a le plaisir de vous convier à un après-midi culturel à l'occasion de la fête nationale française :

le samedi 14 juillet 2018 à partir de 14h30

à l'hôtel Kurpark-Residenz Bellevue
An der Lichtentaler Allee - Ludwig-Wilhelm-Strasse 26,
D-76530 Baden-Baden.

Thème de la conférence : Gaston Monnerville - 22 ans de présidence du Sénat
Intervenant : Serge Chéri-Zécoté

Divers choix de pâtisseries, café, thé et boissons rafraîchissantes agrémenteront le plaisir d'être ensemble.

Une participation de 6€ par personne est souhaitée. Pour des raisons d'organisation, ce montant est à verser sur le compte de l'association par virement (Stadtsparkasse Baden-Baden -BLZ 662 500 30 - Kto.-Nr 50101773 - BIC SOLADES1BAD - IBAN DE03662500300050101773). Le virement tient lieu de réservation.

Recevez, chers amis, nos plus chaleureuses salutations.

Le comité directeur

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Compte-rendu de l'activité du 27 avril 2018

Plantation d'arbres

Le 27 avril 2018, 170ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, l'association a procédé à la plantation de deux arbres dans les parcs de Baden-Baden: un premier marronnier à l'occasion du 15e anniversaire de l'association fondée en 2003, un second en l'honneur du 90e anniversaire de l'écrivain Édouard Glissant.

Les détails de cet événement sont consultables dans l'article publié en page "presse" de notre site.

Ci-après les discours prononcés pendant cette manifestation et lors de la réception qui a suivi au Park-Hôtel-Atlantic, ainsi qu'une sélection de photos.

Allocution de Monsieur Serge Chéri-Zécoté, Président de l'association des Amis de la Martinique et de Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg e.V.

Mesdames et Messieurs, soyez les bienvenus en ce jour du 27 avril, date de la signature du décret de l'abolition de l'esclavage en France.

J'ai le grand honneur et le plaisir de saluer Monsieur Joachim Knöpfel, représentant officiel de Madame la Maire de Baden-Baden. Nous saluons également Monsieur Gerhard Kesselhut, président du cercle Franco-Allemand de Baden-Baden, accompagné comme toujours de quelques membres éminents de ce prestigieux cercle, parmi lesquels le couple Klümper-Lefebvre, membres bienfaiteurs de l'association des Amis de la Martinique et de Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg e.V. , ainsi que Monsieur Jean-Pierre Bricout, ancien président du cercle franco-allemand et son épouse Marianne. Je remercie également de sa prestigieuse présence Mme Martine Schoeppner, vice-présidente de l'Assemblée des Français de l'Étranger et conseillère consulaire.

Grâce à Monsieur le Directeur du Gartenamt, deux arbres dont un pour les 15 ans d'existence de notre association et un autre pour les 90 ans de la naissance de l'écrivain martiniquais Édouard Glissant sont plantés ce jour.

Monsieur le représentant du Gartenamt, nos salutations vont maintenant à vous, ainsi que la parole.

Allocution de Monsieur Gerhard Kesselhut, Président du Cercle Franco-Allemand de Baden-Baden

Cher Monsieur le Président,
Cher Monsieur chéri-Zécoté,

Au nom du cercle franco-allemand de Baden-Baden, je vous adresse, ainsi qu'à votre comité directeur, les félicitations les plus sincères pour le 15e anniversaire de votre association. Nous sommes ravis de pouvoir célébrer cet important événement avec vous.

Il y a exactement quatre ans, nous avions déjà pu partager le bonheur de planter un arbre avec vous. Vous aviez alors planté un cerisier mahagoni en l'honneur d'Aimé Césaire. Aujourd'hui, ce sont deux arbres, un pour votre 15ème anniversaire et le deuxième pour le 90ème anniversaire de l'écrivain Edouard Glissant.

En démontrant autant d'amour de la nature, il n'était pas difficile de vous trouver un cadeau approprié pour commémorer ce jour.

Que le bel ouvrage illustré de Nathalie Dautel "Jardins, Parcs et Beautés Sauvages-Paradis à Baden-Baden" vous apporte beaucoup de plaisir, à vous et aux membres de l'association.

Nous souhaitons à votre association ce qu'il y a de meilleur, la continuité d'un travail associatif couronné de succès et, à vous, en permanence la bonne santé qui vous sera nécessaire pour faire face aux tâches.

Avec les cordiales salutations au nom du comité directeur.

Votre Gerhard Kesselhut
Président.

Allocution de Madame Jeanne Moll du Cercle Franco-Allemand de Baden-Baden

Cher Monsieur Chéri-Zécoté,

C'est en tant que membre du bureau du Cercle franco-allemand de Baden-Baden, et surtout en tant que compatriote, que je souhaite vous remercier de tout cœur, ainsi que vos amis du Comité directeur de l'Association des Amis de la Martinique et des Caraïbes en Bade-Wurtemberg, de votre invitation à fêter aujourd'hui avec vous un triple anniversaire.

J'y ai répondu d'autant plus volontiers que je n'avais jamais pu le faire les années passées, ayant à chaque fois un empêchement.

Aujourd'hui je voudrais vous adresser mes très vifs compliments pour ce que vous faites ensemble et inlassablement depuis 15 ans - 15 ans que vous êtes Président - au sein de votre jeune Association : vous vous engagez au service de la diffusion de l'œuvre multiple des grands écrivains et poètes, des hommes politiques aussi, de la Martinique et des Caraïbes. Madeleine et Günther Klümper-Lefebvre vous accompagnent généreusement sur ce chemin.

Revenons aux poètes et romanciers : de leur langue somptueuse, ils enrichissent non seulement la littérature et la culture d'expression française, mais ils nous rappellent à notre devoir d'humanité, eux dont les ancêtres ont souffert comme esclaves,

"ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel
mais ceux sans qui la terre ne serait pas la terre"
(…)
"véritablement les fils aînés du monde
poreux à tous les souffles du monde
aire fraternelle de tous les souffles du monde"
ainsi que l'évoque Aimé Césaire dans Cahiers d'un retour au pays natal.

Et puisque, outre le 15ème anniversaire de votre association, outre le 170ème anniversaire de l'abolition de l' esclavage, nous commémorons aujourd'hui le 90ème anniversaire de la mort d'Edouard Glissant, je terminerai par quelques lignes magnifiques de ce grand écrivain dans Tout-Monde. Il y dit l'importance de ce qui nous relie les uns aux autres, ce sur quoi j'ai beaucoup travaillé lorsque je formais enseignants, éducateurs et professionnels de la santé, tous métiers de la relation justement.

Ecoutons Edouard Glissant:

"Chacun de nous a besoin de la mémoire de l'autre, parce qu'il n'y va pas d'une vertu de compassion ou de charité, mais d'une lucidité nouvelle dans un processus de la Relation. Et si nous voulons partager la beauté du monde, si nous voulons être solidaires de ses souffrances, nous devons apprendre à nous souvenir ensemble."

Je vous remercie de votre attention.

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Einladung

Liebe Mitglieder, liebe Freunde, liebe Sympathisanten,

Der Verein Freunde von Martinique und der Karibik in Baden-Württemberg e.V. hat auf Initiative des Präsidenten Serge Chéri-Zécoté und des Vorstandes die Freude Sie zur Pflanzung zweier Bäume einzuladen: Der Eine zum 90. Geburtstag des Schriftstellers Edouard Glissant (Martinique 1928 - Paris 2011); der Andere anlässlich des 15-jährigen Jubiläums der Gründung unseres bescheidenen, dennoch dynamischen Vereins.

Datum: Freitag 27. April 2018 (Jahrestag der endgültigen Abschaffung der Sklaverei in den französischen Kolonien am 27. April 1848).

Uhrzeit und Treffpunkt: um 10.30 Uhr am Schloss Solms, Solmsstraße 1, Baden-Baden

Diese Pflanzungen werden vom Gartenamt der Stadt Baden-Baden unter der Autorität des Leiter dieses Dienstes durchgeführt.

Wir werden das Vergnügen haben, uns danach zu einem Glas der Freundschaft und einigen Fingerfoods im Atlantic-Park-Hotel, Goetheplatz 3, Lichtentaler Allee, zu treffen. Bassbariton Jochen Seeger wird, am Flügel begleitet, für eine musikalische Darbietung sorgen.

Eine Teilnahme von 10€ pro Person ist erwünscht. Aus organisatorischen Gründen ist dieser Betrag auf das Vereinskonto per Überweisung vor dem 15. April einzuzahlen (Sparkasse Baden-Baden-BLZ 662 500 30-Kto.-Nr: 50101773-BIC SOLADES1BAD - IBAN DE03662500300050101773)

Herzliche Grüße.
Der Vorstand

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Invitation

Chers membres, chers amis, chers sympathisants,

L'association des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg e.V. a, à l'initiative du président Serge Chéri-Zécoté et du comité directeur, le plaisir de vous inviter à la plantation de deux arbres : l'un en mémoire du 90° anniversaire de la naissance de l'écrivain Edouard Glissant (Martinique 1928-Paris 2011) ; l'autre pour le 15° anniversaire de la création de notre modeste, mais néanmoins dynamique association.

Date : vendredi 27 avril 2018 (date anniversaire du décret d'abolition de l'esclavage, 27 avril 1848)

Horaire et lieu du rendez-vous : à 10h30 au château Solms, Solmsstrasse 1, Baden-Baden

Ces plantations seront effectuées par le Gartenamt de la ville de Baden-Baden sous l'autorité de Monsieur le directeur de ce service.

Nous aurons le plaisir de nous retrouver par la suite pour le verre de l'amitié agrémenté par quelques amuse-bouche à l'Atlantic-Park-Hotel, Goetheplatz 3, Lichtentaler Allee. Une animation musicale sera assurée par M. Jochen Seeger, baryton-basse, accompagné au piano.

Une participation de 10€ par personne est souhaitée. Pour des raisons d'organisation, ce montant est à verser sur le compte de l'association par virement avant le 15 avril (Stadtsparkasse Baden-Baden -BLZ 662 500 30 - Kto.-Nr: 50101773 - BIC SOLADES1BAD - IBAN DE03662500300050101773)

Recevez, chers amis, nos plus chaleureuses salutations.

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Gaston Monnerville

Gaston Monnerville
Gaston Monnerville

Descendant d'esclave, Gaston Monnerville est né en 1897 à Cayenne (Guyane française).

Titulaire d'une bourse obtenue grâce à ses mérites, il gagna la métropole et, là, il gravit les échelons qui le conduisirent au barreau.

Avocat, il plaida de grandes causes aux côtés de son maître César Campinchi et d'Henry Torrès. Il milita pour la fermeture du bagne de Cayenne. Républicain de conviction, il devint membre du parti radical. Il fut militant contre le racisme et l'antisémitisme au sein de la ligue des droits de l'homme, de la LICRA et de la franc-maçonnerie.

Il devint député puis ministre. Il défendit la République en combattant pour la France à une époque sombre de l'histoire(1939-1945)

Le 15 mai 1945, Gaston Monnerville déclare au Palais du Luxembourg, devant les membres de l'Assemblée constituante et du Général de Gaulle: " Mesdames et Messieurs, ne l'oublions jamais, sans l'Empire la France ne serait aujourd'hui qu'un pays libéré: grâce à son Empire, la France est un pays vainqueur. Pour nous la victoire signifie : respect définitivement acquis de la personne humaine. Partis des terres d'outre-mer, les fils de l'Empire sont venus verser le meilleur de leur sang sur la terre d'Alsace et, devant Colmar, patrie de Victor Schoelcher, pour libérer à leur tour de la plus cruelle tyrannie le berceau du libérateur. "

Entré au Palais du Luxembourg en 1946, il assura la présidence du Conseil de la République puis du Sénat, jusqu'en 1968.

La Loi du 10 septembre 1947 a ouvert des crédits pour la célébration du centenaire de la révolution de 1848 et de la 2ème République et du tricentenaire du rattachement de l'Alsace à la France. 1948 marquait également le centenaire de l'abolition de l'esclavage et c'est à l'initiative de Gaston Monnerville que les cendres de Victor Schoelcher et Félix Eboué ont été transférés au Panthéon.

Au terme de 22 années de présidence du Sénat, Gaston Monnerville décide de ne pas solliciter de suffrages pour cette noble fonction, en raison de la volonté du Président Charles de Gaulle ,de transformer le Sénat .

Le 5 mai 1974, élu au Conseil Constitutionnel, Gaston Monnerville déclare: " Sachons rester dignes de ceux qui, dans l'exaltation des combats, comme dans les souffrances des bagnes, n'ont jamais désespéré. Gardons intacte notre foi dans les destinées de notre patrie, avec le même enthousiasme et la même ardente volonté qu'aux jours de la défaite et de deuil, l'Empire répond: nous sommes prêts. "

Lors du centenaire de la loge LA VERITE, il s'exprima ainsi: " Il est primordial que la franc-maçonnerie montre aux autres hommes qu'il existe autre chemin en réponse aux angoisses de l'existence et que cette réponse est la voie de la Tolérance et de l'Amour fraternel. "

"Enfant de la République française, il se sentit tel d'autant plus intensément qu'il était né dans ce que l'on appelait les vieilles colonies, en Guyane, terre plus ignorée que choyée par la métropole. Mais l'enfant de Guyane avait appris que la République voulait que tous ses enfants soient libres, égaux et fraternels." Robert Badinter.

Extraits de la documentation "Gaston Monnerville, 22 ans de présidence."

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Voeux du président pour la nouvelle année 2018

Chers membres, chers(es) sympathisants(es)
de l'association des amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg e.V.,

Avant de vous donner un aperçu des thèmes traités et des activités diverses effectuées par notre association, nous tenons, le comité directeur et moi-même, à vous adresser de sincères remerciements pour votre engagement et la solidarité sans faille dont vous faites preuve durant ces années d'existence de notre modeste institution.

En effet, créée le 12.11.2003 à Baden-Baden, elle n'a eu de cesse de participer à des actions humanistes, humanitaires et culturelles, contribuant ainsi au resserrement des liens entre les citoyens de la ville hôte et, aussi, au-delà.

C'est ainsi que, conformément à l'aperçu non exhaustif donné ci-dessous, des conférences sur des personnalités issues des Caraïbes ou ayant un lien avec l'histoire de ces contrées sont organisées régulièrement.

Les plus récentes concernaient le général Alexandre Dumas (père et grand-père des écrivains), Frantz Fanon, Édouard Glissant, Aimé Césaire, Saint-John-Perse, Severiano de Heredia, Joseph Boulogne Chevalier de Saint-Georges, Joseph Zobel, Léopold Sédar Senghor, Victor Schoelcher, l'Abbé Grégoire, Félix Eboué, Albert Camus,Joséphine de Beauharnais.

Soyons donc fiers des toutes ces activités bien menées et réfléchies, avec du coeur à l'ouvrage sous l'impulsion du président Serge Chéri-Zécoté, aidé en cela par le comité directeur attentif et, osons le dire, efficace.

Ajoutons des dons reversés aux victimes du tremblement de terre à Haïti et aux ouragans à Saint-Martin, Saint-Barthélémy et, également, la Dominique (Îles des Caraïbes).

Chers membres,chers(es) sympathisants(es), l'année 2018 avance à grands pas. Nous essaierons de marquer les 15 ans d'existence de notre association (2003-2018). Nous réfléchissons actuellement aux modalités d'organisation de cet événement. Vos idées et propositions sont les bienvenues.

Le thème prévu pour le jour de la fête nationale est Gaston Monnerville, ancien président du Sénat.

Pour l'année à venir, mais d'abord pour les fêtes de fin d'année, recevez nos meilleurs voeux et nos souhaits sincères et chaleureux.

Serge Chéri-Zécoté,
Président des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg e.V.

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Communiqués (2017)

Dépôt de gerbe


2 novembre 2017 - Cérémonie de recueillement


Le 2 novembre 2017, le président des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg Serge Chéri-Zécoté a eu l'honneur d'être invité par la ville de Baden-Baden à assister à la cérémonie de dépôt de gerbe au cimetière " Ehrenfriedhof " de Lichtental, en commémoration des soldats français et allemands morts au combat.

M. le président des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg Serge Chéri-Zécoté, Mme la Maire de Baden-Baden Margret Mergen, M. le président du cercle franco-allemand de Baden-Baden Gerhard Kesselhut lors de la réception qui a suivi le dépôt de gerbe.

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Invitation

Chers membres, chers amis, chers sympathisants,

Dans le cadre des semaines interculturelles de Baden-Baden, le président Serge Chéri-Zécoté et le comité directeur de l'association des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg ont le plaisir de vous convier à un après-midi culturel

e jeudi 28 septembre 2017 à partir de 14h30

à l'hôtel Kurpark-Residenz Bellevue
An der Lichtentaler Allee - Ludwig-Wilhelm-Strasse 26
D-76530 Baden-Baden

Programme:

Poésie d'Outre-Mer:
Lecture de textes d'Aimé Césaire , Léopold Sedar Senghor et Léon Gontran Damas

Interludes musicaux:
Dr. Boris Feiner (pianiste) et Jochen Seeger (baryton-basse) : romances sur piano, Arias de Mozart, Lieder de Schubert.

Entrée gratuite - Petite restauration (pâtisseries, boissons,…) - Réservation svp avant le 15 septembre sous martinique.bw@gmx.net

Soyez les bienvenus. À bientôt.
Serge Chéri-Zécoté

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Invitation

Chers membres, chers amis, chers sympathisants,

L'association des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg a le plaisir de vous convier à un après-midi culturel à l'occasion de la fête nationale française

le 14 juillet 2017 à partir de 14h30

à l'hôtel Kurpark-Residenz Bellevue
An der Lichtentaler Allee - Ludwig-Wilhelm-Strasse 26
D-76530 Baden-Baden

Thème de l'après-midi: Le premier Alexandre Dumas, un Général noir.
Présentation : Madeleine Klümper-Lefebvre

Divers choix de pâtisseries, café, thé et boissons rafraîchissantes agrémenteront le plaisir d'être ensemble. Les dépenses sont à la charge de notre association.

Veuillez svp vous inscrire en répondant par mail avant le 1 juillet (martinique.bw@gmx.net) ou par courrier.

Soyez les bienvenus. À bientôt.

Le président Serge Chéri-Zécoté

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Communiqués (2016)

Voeux de fin d'année 2016 et nouvel an 2017 aux membres et sympathisants:

" Je peux changer en échangeant avec l'autre,
sans me perdre ni me dénaturer ".
Edouard Glissant

Chers membres, chers sympathisants de l'association des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg e.V.

Les activités de notre association ont été émaillées de dynamisme, de constance,et de convivialité durant l 'année 2016. Nul doute que nous voulons continuer dans cette optique pour l'année à venir 2017. Le comité directeur et moi-même, nous nous y attelons avec cœur et énergie, comme toujours, non sans votre aide à tous qui nous est très précieuse.

D'ores et déjà, nous vous donnons rendez-vous pour le 14 juillet 2017. Cette rencontre amicale et fraternelle nous est en effet capitale (fête nationale française). D'autres activités sont actuellement à l'étude. Le comité vous informera dès que possible, par mail ou par voie postale, des dates retenues et du lieu du rendez-vous.

S'agissant des articles de presse relatifs à nos activités passées, nous vous invitons à les consulter sur le site Internet de l'association www.martinique-bw.de. Nous avançons à petits pas. Notre projet est donc sur la bonne trajectoire.

Maintenant, en mon nom et au nom des membres du comité directeur, je vous adresse ma plus grande reconnaissance et de vifs remerciements pour votre soutien ainsi que pour votre fidélité. Je vous adresse des vœux sincères et chaleureux pour les fêtes de fin d'année, ainsi que des souhaits de bonne santé et de quiétude pour l'année 2017 à venir, pour vous ainsi que pour vos proches.

Amicalement

Serge Chéri-Zécoté
Président de l'association des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg e.V.

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Article paru sur le site internet de l'école conventuelle du Saint Sépulcre (Klosterschule vom Heiligen Grab

Lien: www.hl-grab.de (24 juin 2016)

Monsieur Chéri-Zécoté rend visite à la Klosterschule

Le 2 Juin, le cours de français Mme Armansperg (cours de niveau 1) a eu la visite de Monsieur Serge Chéri-Zécoté. Il est le président de l'association "Les Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg ", qui établit des liens entre les gens de la Martinique et des Caraïbes et du Bade-Wurtemberg. L'association soutient également les jeunes de la Martinique et Caraïbes qui souhaitent poursuivre leurs études sur le continent, mais n'en ont pas les moyens nécessaires. Monsieur Serge Chéri-Zécoté nous a apporté des éclairages sur l'époque coloniale de la France et de l'histoire de l'esclavage. En outre, il a parlé de la " langue créole " et, à la fin, nous a cité des esclaves français qui ont eu un grand impact dans l'histoire de France.

Nous gardons beaucoup d'impressions intéressantes de cette heure et le remercions pour sa visite à notre école.

Rédigé par Luna Fels - vendredi 24 juin 2016

Visite de Monsieur Chéri-Zécoté

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Raphaël Elizé, un destin hors du commun

Par Pierre-Yves LE BORGN', député des Français de l'étranger, circonscription Allemagne, Europe centrale et orientale

Raphaël Elizé
Raphaël Elizé

Depuis une cinquantaine d'années, l'histoire politique de Sablé-sur-Sarthe se confond avec celle de François Fillon et de son prédécesseur à la mairie, l'ancien Ministre gaulliste Joël Letheule. La région est certes plutôt conservatrice, mais elle n'a pas toujours eu un maire de droite. Entre 1929 et 1940, le maire de Sablé était socialiste. Il s'appelait Raphaël Elizé et fut le premier maire de couleur que connut la France métropolitaine. Je viens d'achever la lecture de la formidable biographie que lui consacre l'association " Passé simple ", qui fait vivre l'histoire de Sablé et de sa région. C'est un livre magnifique, bouleversant, résultat d'un travail de mémoire conduit pendant plus d'une année par ses membres.

Raphaël Elizé avait quitté la Martinique à l'âge de 11 ans avec sa famille après l'éruption de la Montagne Pelée. Diplômé de l'Ecole Vétérinaire de Lyon, décoré de la Croix de Guerre à l'issue de la première guerre mondiale, il s'installa à Sablé après la première guerre mondiale. Militant à la section locale de la SFIO, il est élu maire de la ville aux élections municipales en 1929 et le restera jusqu'en 1940. Il conduit comme premier magistrat de Sablé une politique sociale, culturelle et sportive innovatrice, qui lui vaut la reconnaissance et le soutien de ses concitoyens. Une réussite d'autant plus remarquable dans le contexte d'intolérance de la France des années 1930.

En juin 1940, de retour de l'Aisne où il avait été mobilisé, Raphaël Elizé se voit refuser la restitution de sa charge de maire par l'occupant allemand. La raison en est simple: " Il est insupportable à l'administration militaire et à l'armée allemande de reconnaître comme maire un homme de couleur, ni de discuter avec lui ". Tel est le courrier adressé par l'occupant au Préfet de la Sarthe. Raphaël Elizé reprend sa vie de vétérinaire tout en rejoignant la Résistance. Arrêté en septembre 1943, il est déporté à Buchenwald où il décédera en février 1945.

Le livre de l'association " Passé simple " offre anecdotes et photographies, qui permettent de découvrir le parcours de Raphaël Elizé, la fidélité inexpugnable à ses convictions, sa passion des arts, qu'il s'agisse de peinture, de musique ou de poésie. Il révèle aussi la complexité d'un homme, son courage, son humanité face aux évènements d'une époque et aussi aux drames privés. Je suis heureux d'avoir pu mettre à profit le temps des vacances pour lire ce magnifique livre et le recommande (Raphaël Elizé (1891-1945), Editions du Petit Pavé). Nous avons tant à apprendre de celles et ceux qui, socialistes, ont fait vivre cet idéal de justice et de paix qui nous unit aujourd'hui.

Lien vers l'article original: www.pyleborgn.eu/2010/08/raphael-elize-un-destin-hors-du-commun

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Invitation

Chers membres, chers amis, chers sympathisants,

L'association des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg a le plaisir de vous convier à un après-midi culturel à l'occasion de la fête nationale française

le 14 juillet 2016 à partir de 14h30

à l'hôtel Kurpark-Residenz Bellevue
An der Lichtentaler Allee - Ludwig-Wilhelm-Strasse 26
D-76530 Baden-Baden

Thème de la conférence : Severiano de Heredia, premier maire noir de Paris, député et ministre (1836-1901)

Divers choix de pâtisseries, café, thé et boissons rafraîchissantes agrémenteront le plaisir d'être ensemble. Les dépenses sont à la charge de notre association.

Soyez les bienvenus.

Veuillez svp vous inscrire en répondant par mail avant le 6 juillet (martinique.bw@gmx.net).

À bientôt.

Le président Serge Chéri-Zécoté

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Un général noir : le premier Alexandre Dumas

Texte: Madeleine Klümper-Lefebvre (décembre 2015)

Alexandre Dumas
Le général Alexandre Dumas

Alexandre Dumas père et "Les trois mousquetaires", ou "Le comte de Monte Cristo" ; Alexandre Dumas fils et "La Dame aux Camélias", tout le monde connaît ... En effet, tout le monde, ou presque, a lu ces ouvrages ou en a tout moins entendu parler ou encore a vu des films qui portaient les titres de ces livres.

Mais tout le monde ne sait pas qu'avant ces "deux Alexandre Dumas" il en existait un qui fut le premier à porter fièrement ce patronyme, un nom de famille qu'il s'était lui-même donné et dont ses deux descendants qui, eux, se sont distingués dans la littérature française et qui sont mondialement connus, ont été fiers d'hériter et se sont appliqués à illustrer avec éclat.

* * *

Mon intérêt a été éveillé au sujet de ce "premier Dumas" par le livre d'un journaliste américain paru en 2012 qui a reçu le prestigieux prix littéraire Pulitzer , qui est à présent traduit en plusieurs langues et qui a pour titre "The black count".

Tom Reiss, son auteur, nous donne dans cette biographie dont le sous-titre est "Gloire. Révolution. Trahison", une "foultitude" de détails très précis sur la vie de ce mulâtre au destin tout à fait exceptionnel.

* * *

Tout a commencé en Normandie, plus précisément dans le Pays de Caux où vivait une famille noble, les Davy de la Pailleterie dont la filiation établie remonte à Olivier Davy, seigneur de Règneville qui rendit hommage au roi Louis XI en 1519 et fut son écuyer, c'est- à- dire le chevalier qui avait la noble tâche de porter l'écu de son souverain. La terre de la Pailleterie fut érigée plus tard en Marquisat par Louis XIV.

Pourtant ces nobliaux normands, bien que possédant un château et un blason, vivaient dans la gêne au XVIIIe siècle et l'un d'eux, ambitieux, désirant redorer son blason et faire fortune, Charles Davy de la Pailleterie, quitta le manoir familial, et s'engagea dans le corps d'armée en partance pour les Colonies d'Amérique. Saint Domingue et les possibilités de s'y enrichir dont il avait eu l'écho le fascinaient. Il quitta pourtant bientôt l'armée, fit un mariage d'argent avec une riche roturière héritière d'une grande plantation dans cette colonie et se lança dans les affaires.

Il avait deux frères dont l'un, Alexandre Antoine Davy qui naquit en 1714 un an avant la mort de Louis XIV. Il était l'aîné de la fratrie qui comprenait trois frères. Tous trois étaient entrés très tôt dans l'armée où l'on pouvait déjà obtenir un grade d'officier à douze ans. Leur avenir semblait ainsi assuré : les conflits dynastiques entre les Bourbons et les Habsbourg faisant souvent rage à l'époque, ils ne risquaient guère d'être mis au chômage ! Antoine avait le grade de colonel et commissaire général d'artillerie. Quand, en 1738 la guerre de succession de Pologne fut terminée, Antoine, sans grands revenus et ne désirant nullement mener une vie oisive dans sa gentilhommière de Belleville en Caux, se tourna, de même que son frère aîné Charles déjà en place, vers les colonies d'Amérique, " colonies à peuplement " prometteuses d'aventures lucratives qui faisaient vivre à l'époque un Français sur cinq et pour lesquelles s'intéressaient les cadets de familles nobles sachant pouvoir y faire fortune dans la terre et le négoce. Ces aristocrates déclassés (désargentés) pouvaient alors devenir de riches colons. En effet, les " cannaies ", les plantations de canne à sucre, furent les champs pétroliers du XVIIIe siècle et la colonie française de Saint Domingue, l'actuelle République de Haïti (en langue créole haïtienne ce nom signifie " terre des hautes montagnes ") située dans la partie occidentale de l'île d'Hispaniola dans les Grandes Antilles, faisait fonction de Far West de l'Ancien Régime. Nous ne pouvons que difficilement imaginer l'engouement qui régnait alors en Europe pour le sucre, cette denrée aujourd'hui si bon marché et que nous considérons de plus comme assez mauvaise pour notre santé ! Mais souvenons-nous qu'au XVIIIe les médecins proposaient des pilules de sucre pour de nombreuses maladies qui allaient du mal de tête aux problèmes cardiaques. Et qui n'a pas alors employé l'expression qui d'ailleurs est demeurée dans notre lexique " un apothicaire sans sucre " en parlant de quelqu'un dépourvu du nécessaire pour exercer sa profession, tout comme un apothicaire qui ne pourrait proposer ce remède miracle, ou bien un soldat obligé de combattre sans fusil, un ouvrier mal outillé, bref toute personne manquant de l'essentiel. Le poète Eustache Deschamps, mort vers 1420, a chanté " le sucre blanc pour les tartelettes ". Le sucre " blanc " n'est apparu qu'assez tardivement, quand, au XVe siècle on commença à raffiner le produit de base et que toute l'Europe communiait dans le même goût pour ce nouveau produit.

Le sucre a porté différents noms au cours des âges, on l'appelait parfois " manne de bambou ", les Anciens disaient aussi " miel des roseaux ", les Arabes dirent " sukkar ". Pline rapporte qu'il vient d'Arabie. Ce qui est prouvé, c'est que son extraction à partir de cette grande herbe tropicale qui a nom " canne à sucre ", remonte à la plus haute Antiquité. On pense que la canne à sucre est originaire de l'Inde et que l'expédition d'Alexandre le grand a pu mettre des savants en contact avec cette plante, qui produisait le " sakkharos " des Anciens. Les Croisés semblent avoir été les premiers de l'occident à découvrir la " canne à miel ", cette plante " qui donne le miel sans le concours des abeilles " comme disaient les Perses. Ils la mastiquaient alors qu'ils traversaient de nombreuses cannaies, parvenant ainsi à tromper la faim et la soif. Au XIIIe siècle, on semble l'avoir consommée sous forme de dragées ou "épices de chambre" qui étaient censées faciliter la digestion, et l'industrie sucrière se développa rapidement dans la péninsule ibérique et en Sicile et s'avéra un produit prestigieux et attractif, une gourmandise que l'on dégustait crue. Puis la canne à sucre passe aux Canaries, au Brésil et de là aux îles que l'on nommait alors " Indes Occidentales ", Christophe Colon ayant pensé avoir atteint les Indes, qui étaient alors son but, quand il mit enfin le pied sur la terre ferme !

Au XVIIIe, à l'époque qui nous intéresse présentement, le sucre est un produit très populaire dans la bourgeoisie européenne et il devient un élément majeur de l'économie et donc de la politique européenne. Et c'est seulement au XIXe, quand Napoléon promulgua le décret du " blocus continental ", qu'on se tourna en Europe vers la betterave à sucre.

Mais, à présent, en notre XXIe siècle, vu l'intérêt porté aux biocarburants, et à la possibilité de fabriquer du plastique bio avec du végétal - (pensons aux problèmes que nous posent présentement les sacs en plastique que nous propose la pétrochimie et qui polluent nos océans !) et vu nombre d'autres développements techniques possibles, la canne à sucre, cette canne que l'on a reconnue comme " canne à tout faire ", a de nouveau le vent en poupe, et sa culture a bien structuré les sociétés et les paysages des départements et territoires d'outre- mer.

* * *

Lors de sa découverte par Christophe Colon, l'île d' Hispaniola, la plus grande des îles des Caraïbes, était faiblement peuplée d'Indiens Arawack. Elle devint colonie espagnole, mais la partie occidentale fut bientôt le royaume des flibustiers, jusqu'à ce que, en 1697, lors du Traité de Ryswick, l'Espagne reconnût le contrôle de la France sur ce tiers du territoire. Cette colonie de peuplement à présent française exista comme telle jusqu'en 1804, date à laquelle elle devint indépendante et première république noire libre du monde après un conflit entre un corps expéditionnaire de Napoléon et les Noirs insurgés sous la conduite du général Toussaint Louverture. Cette colonie française était le premier producteur mondial de sucre.

En effet, de grandes familles d'armateurs développèrent bientôt le négoce du sucre et, pour faire face au besoin de main d'œuvre se développa la trop tristement réputée " traite négrière ", cet achat et vente d'esclaves noirs. Tout le littoral de l'Afrique, de l'embouchure du Sénégal jusqu'à l'extrémité de l'Angola, devint un immense marché d'esclaves auquel les colonies d'Amérique ouvraient d'inconcevables débouchés. Des cargaisons d'êtres humains cyniquement parfois appelés " bois d'ébène " étaient organisées à grande échelle. Tous les états européens qui possédaient des colonies en Amérique se livrèrent à ce commerce abominable. On n'évalue pas à moins de cent mille le nombre des Africains qui étaient transportés chaque année en Amérique afin de combler le déficit que causaient l'influence du climat et les mauvais traitements des maîtres. Voltaire l'avait bien écrit dans son conte "Candide": "C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe!"

Nous pouvons considérer que la traite des Noirs avait déjà débuté au début du XVe siècle, lorsque les musulmans chassés d'Espagne cherchèrent asile dans différentes parties d'Afrique et furent poursuivis par les Portugais. Quelques-uns furent vendus à Lisbonne et mis en servitude. Les parents de ces prisonniers parvinrent un peu plus tard à les échanger contre des esclaves nègres que leur vendirent des rois africains dans les territoires desquels l'esclavage était depuis toujours la règle. Mais à présent, ce qui était nouveau c'est que des êtres humains faisaient maintenant office de monnaie d'échange !

Nous devons voir au départ de ces pratiques une idée profondément ancrée dans l'esprit de la gent humaine et qui, de nos jours, en général, nous révolte : c'est qu'il existe deux classes d'êtres humains : une classe supérieure et une classe inférieure. Il y a ceux qui sont créés pour commander et ceux qui le sont pour obéir. La conséquence sera depuis la nuit des temps que les individus de cette classe inférieure seront " chosifiés ", ce qui est clairement exprimé, pour ce qui est de la France, dans le "Code noir" promulgué en 1685 où l'esclave est défini comme un "bien meuble".

Il m'est totalement impossible dans le cadre de cet exposé de vous présenter l'évolution des idées concernant la valeur de l'être humain, cette évolution avec toutes ses avancées prometteuses mais aussi tous ses reculs décevants et tragiques. C'est une très longue histoire pleine de rebondissements durant laquelle des intérêts contraires ont été aux prises et ont amené bien des souffrances, les fonctionnaires français étant trop souvent écartelés entre le principe d'égalité et le réalisme économique et, bien que la condamnation morale de l'esclavage se généralisât au XIXe siècle, les esclavagistes français se replièrent longtemps derrière des arguments économiques déclarant que sans l'esclavage la prospérité de la France serait mise en danger et que le pays perdrait sa place prédominante dans l'orchestre des nations....

Jacques Chirac, en janvier 2006, dira avec raison : " Dans l'histoire de l'humanité, l'esclavage est une blessure ", et il insiste en déclarant : " on a échafaudé des théories racistes pour justifier l'injustifiable, l'assimilation d'êtres humains à des marchandises ".

La Révolution française malgré toute sa violence et tous ses excès a tenté à maintes reprises, prônant son amour d'égalité et de fraternité dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen en 1789, de fixer par divers décrets, l'abolition de l'esclavage, mais le Consulat rétablira l'ancien ordre des choses et Bonaparte rétablira, en 1802, l'esclavage conformément à la législation d'avant 1789 ! A son retour de l'île d'Elbe, devenu Napoléon, il supprimera bien la Traite sans restrictions mais cela n'eut aucun résultat probant, la Traite clandestine continuant à faire ses ravages. Il faudra attendre 1848 pour que, sur la proposition de Victor Schoelcher membre du gouvernement provisoire, tous les esclaves dans les colonies françaises soient déclarés, et cela enfin définitivement, libres.

En 1948, l'article 4 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme est adopté par les Nations Unies.

En mai 2001 l'esclavage sera reconnu comme crime contre l'humanité, et le 10 mai sera déclaré journée annuelle de la mémoire de l'esclavage.

* * *

Retournons auprès d'Alexandre Antoine Davy de la Pailleterie. Nous l'avons quitté quand il se préparait à rejoindre Charles, son jeune frère, à Saint Domingue. Sa vie débauchée et dispendieuse fit qu'il se brouilla rapidement avec ce frère et, poursuivi pour dettes par la justice, s'enfuit vers le nord de la colonie, emmenant avec lui quatre esclaves qu'il vendit pour s'acheter une petite plantation au bourg Jérémie, se fit passer pour disparu, changea d'identité et se fit appeler Antoine Delisle. Il acheta bientôt une très belle esclave noire nouvellement déportée du Golfe de Guinée sur la côte occidentale de l'Afrique et en fit sa compagne. Elle avait pour nom Marie Césette. Il eut d'elle un fils et trois filles.

Entre-temps, son jeune frère Charles rentra en France et prit le titre de marquis, titre qui revenait à Antoine comme aîné de la fratrie mais que Charles déclara " disparu ". Il tenta sa chance dans les affaires, en l'occurrence dans le commerce triangulaire, à savoir l'échange de " denrées " entre l'Europe, l'Afrique et les Amériques, trafic qui consistait à distribuer des esclaves noirs aux colonies d'Amérique, puis à approvisionner l'Europe en produits de ces colonies et à fournir à l'Afrique des produits d'Europe et d'Amérique comme le cacao, le café, le coton, et le sucre. Finalement il retourna à Saint Domingue et y mourut.

Antoine, ruiné, sa plantation ayant été totalement ravagée par le cyclone de 1772, et voulant aussi quitter le climat débilitant de l'île, se vit contraint, pour payer son passage, de vendre ses quatre enfants et sa compagne noire, tous les cinq étant esclaves. Son fils, lui, fut vendu " à réméré " ce qui signifiait que le vendeur serait en droit de racheter le garçon quand bon lui semblerait. Ce qu'il ne manqua pas de faire quand, rentré en Normandie, il eut récupéré son nom, son titre de marquis et ses biens.

Le jeune garçon débarque donc bientôt en France. Il ne possède pas encore de patronyme, seulement deux prénoms : Thomas- Alexandre. Il a quatorze ans. Il est grand, bien bâti, il est beau. Depuis longtemps, les esclaves qui touchaient le sol français étaient libres ! Il n'est donc plus esclave à partir de maintenant. Reconnu par son père, c'est à présent un Davy de la Pailleterie qui prend le titre de comte puisqu'il est le fils aîné d'un marquis. Il habitera bientôt un luxueux appartement à Saint Germain en Laye avec son père qui est parvenu par la vente de son château et de ses terres et de combines financières sur lesquelles je ne m'étendrai pas, à avoir des rentes assez conséquentes. Le père veut faire de son fils un parfait gentilhomme. Il s'agit de mettre les bouchées doubles car le garçon est encore sans instruction ayant vécu assez médiocrement entre son père et sa mère esclave une jeunesse de liberté et de jeux au milieu des plantations. Il faut donc absolument rattraper le temps perdu. Antoine l'habille tout d'abord à la mode du temps et le jeune homme portera comme son marquis de père et comme il sied à un comte, des habits de soie, de satin et de brocard. On le fait baptiser, on lui donne une gouvernante, un laquais et on le place dans une académie pour jeunes hommes nobles dans laquelle il suivra des cours de latin et de grec, de géographie et d'histoire, de grammaire et de philosophie, de littérature de même que de mathématiques et de musique, sans oublier la danse et le cheval !

Quand il a 22 ans, comme cela s'impose au XVIIIe pour un comte fils de marquis, il quitte le domicile paternel et s'installe dans un appartement au centre de Paris, juste derrière le Louvre. La capitale a beaucoup changé sous le règne de Louis XIV. Le Palais Royal avec ses arcades, ses théâtres, ses cafés aux tables de marbre et aux multiples miroirs, ses hôtels, ses librairies, ses magasins d'articles de luxe, attire un public raffiné de même que les femmes les plus séduisantes de la capitale. La lumière des lanternes quand le jour décline, les grands arbres des boulevards, tout cela enchante notre jeune dandy, notre élégant " Américain ", comme on a coutume d'appeler les personnes qui reviennent des colonies des Caraïbes. Il va à la Comédie Française, voit sans doute, lui, l'aristocrate, < Le mariage de Figaro > de Beaumarchais, ne néglige pas non plus le Théâtre Nicolet, le < Théâtre des Grands Danseurs du Roi > près du Boulevard du Temple un lieu idéal pour un rendez- vous galant. Bref, il vit dans le luxe et s'en accommode fort bien ! Il se sent très à l'aise dans la société. Il ne se sent pas différent des personnes qui l'entourent : son père est blanc, il vit parmi des blancs, ses amis sont des blancs. Un jour pourtant il est ouvertement rappelé à sa condition de mulâtre et gravement offensé par un ancien capitaine d'une unité d'élite stationnée à la Martinique.

Son marquis de père vivait depuis peu avec une intendante qu'il se décida bientôt à épouser. Marie Retou était de la classe moyenne et n'avait pas été élevée dans le luxe. Elle désapprouvait la vie licencieuse du jeune homme de 24 ans qui ne pensait nullement à travailler pour subvenir lui-même à ses besoins. Sous son influence, le marquis devint moins généreux et notre jeune comte pensa que la vie parisienne sans bourse bien garnie n'avait plus les mêmes attraits...Il prit alors une décision qui décida de sa vie future et informa bientôt son père qu'il allait entrer dans l'armée et s'y engager pour huit ans. Ce qu'il fit en juin 1786 : il s'enrôla dans le sixième régiment des Dragons de la Reine sous le nom de Dumas Alexandre. Il avait trouvé son identité et s'était déclaré né à Jérémie, fils de Césette Dumas et de son mari Antoine ! Il s'était débarrassé du nom de l'homme qui l'avait possédé et vendu comme esclave. Il acceptait ainsi le fait de ne pouvoir prétendre entrer dans l'armée comme officier, chose qui n'était accordée qu'aux nobles ! Sa nouvelle noblesse, semble-t-il avoir pensé, était le surnom que l'on avait donné à Marie- Césette qui, étant la compagne de son père, ne travaillait pas dans les plantations mais s'activait au " mas ", c'est-à-dire à la ferme : " Césette du mas ", " de la ferme " donc, qui était sans doute morte entre temps.

Le marquis Antoine de la Pailleterie mourut quelques jours plus tard et fut enterré au cimetière de Saint-Germain-en-Laye.

Je n'entrerai pas dans les détails assez mesquins au sujet des questions d'héritage qui furent posées entre les prétendants à la succession auxquels appartenaient également la fille de Charles et son mari le comte de Maulde. Là n'est pas mon propos. Je préfère suivre la carrière de cet Alexandre Dumas, carrière qui va être, comme nous le verrons, éminemment brillante.

C'est en effet à partir de maintenant que commence le parcours atypique d'un homme né esclave en 1762 à Saint Domingue, le parcours d'un sang mêlé bleu et noir, dans une époque charnière d'idéologie raciste, de Droits de l'Homme et d'Égalité civique. Et, sans vouloir engager de polémique, nous ne sommes pas ici pour cela, je tiens à mettre en perspective l'histoire de cet homme qui a entièrement consacré sa vie au monde des armées, avec les problèmes qui se posent aujourd'hui en terme d'identité et de minorités visibles de même que de racisme qui gangrène.

* * *

Voilà donc notre jeune dandy du Palais Royal simple soldat, cavalier des Dragons, ces forces militaires toujours en premières lignes, beau jeune homme athlétique et affûté qui, donnant bientôt des preuves éclatantes de sa force et de son adresse, commencera brillamment son ascension dans les rangs de l'armée, y fera une carrière militaire qui progressera de manière fulgurante, le grand vent de la Révolution lui offrant de formidables opportunités.

Son fils ne manquera pas plus tard de relater dans ses mémoires tous les faits de force et de bravoure de son père et cela sans oublier d'y mêler quelque exagération. Mais le proverbe nous avait avertis : " L'exagération est un effet de l'art " et ce fils, finalement, n'était autre que notre grand romancier Alexandre Dumas père qui inventera des héros qui ressembleront à son père et sous la peau desquels on découvrira toutes les valeurs qu'incarnait ce père à ses yeux ! Dans son roman < Les trois mousquetaires >, l'un des romans les plus traduits dans le monde, exemple- type du roman de cape et d'épée qui a été adapté par lui-même au théâtre et a été sujet plus tard à de nombreuses adaptations tant au cinéma qu'à la télévision, cet auteur prolifique ne cessera de broder sur l'amitié qui s'était nouée entre son père et trois futurs généraux d'Empire engagés dans la même unité et dont les exploits lui inspirèrent son roman. Nous pouvons reconnaître son père en d'Artagnan courageux, fidèle, entreprenant, prêt à prendre des risques et rusé. Athos personnifie la figure tutélaire du père. Porthos est le géant débonnaire et Aramis, le héros des amours galantes, tous traits du physique et du caractère de l'homme qui nous intéresse.

Le romancier a également utilisé de nombreux détails de la vie de son père dans son roman , cette histoire d'une destinée humaine face à la société et à un univers instable et de nombreux traits de caractère du héros Edmond Dantès rappellent à n'en pas douter notre général.

* * *

Voyons à présent dans les grandes lignes l'ascension vertigineuse de cet homme parti des derniers rangs, puisqu'il n'était au départ que simple soldat, ascension qui se termina par le grade de général. Il est bien entendu que je ne saurais vous décrire tous les faits d'armes qui furent à son actif, sachez seulement que sa carrière militaire progressa de manière vertigineuse dans la période riche en conflits territoriaux de la Révolution et de l'Empire, la France étant attaquée de toutes parts et la situation politique dans la capitale étant des plus catastrophiques.

En août 1789 son régiment est détaché à Villers-Cotterêts où il fera la connaissance de sa future épouse, Marie Labouret.

En 1792 il devient capitaine puis très rapidement lieutenant- colonel sous le commandement du Chevalier de Saint-George.

En janvier 1793, il doit administrer seul la Légion franche des Américains ou Légion Noire.

Il est rapidement nommé général de brigade, puis promu général de division. Il a tout juste trente et un ans. Il est le premier général d'origine afro-antillaise de l'armée française.

En décembre 1793, il est nommé commandant en chef de l'armée des Pyrénées occidentales, puis commandant en chef de l'Armée des Alpes qu'il doit réorganiser en 1794 et fondra alors l'unité des Chasseurs alpins. Il remporte la bataille du Mont Cenis en avril 1794. Combattant sur tous les fronts, il est commandant en chef de l'armée de l'Ouest en août. Puis il doit commander l'armée de Sambre et Meuse, puis à nouveau l'armée des Alpes, et bientôt il rejoint l'armée d'Italie en tant que commandant de cavalerie sous les ordres de Bonaparte. Il arrêtera seul durant plusieurs minutes un escadron de cavalerie autrichien sur le pont de Clausen, sur la route de Blixen, en attendant des renforts. Il y fut blessé par trois coups de sabre mais ne quitta pas la place. Sa force herculéenne, sa rapidité extraordinaire, sa puissance de conviction pour entraîner ses hommes lui valurent de ses ennemis le surnom de " Diable noir ". Les Français lui conférèrent le titre de " Horatius Coclès du Tyrol " se souvenant par là d'un célèbre combattant romain qui sut, comme lui, tenir un pont stratégique et sauver ainsi la situation de son armée.

En 1798, il est appelé à Toulon, s'embarquera pour l'Égypte. Puis ce sera la prise d'Alexandrie. Il sera bientôt opposé idéologiquement à Bonaparte dont il dénonce l'ambition personnelle et réprouve la façon de mener sa campagne, lui reprochant particulièrement la destruction de la Grande Mosquée du Caire, prise de position courageuse qui lui vaudra de la part des Egyptiens le surnom d' " Ange du Caire ", le massacre des rebelles qui s'étaient rendus et surtout l'exécution de quatre mille prisonniers après la prise de Jaffa.

L'armée française se trouvera bientôt prisonnière dans les sables d'Égypte quand l'amiral anglais Nelson aura coulé sa flotte à Aboukir. Dumas est finalement autorisé à rentrer en France. L'ambitieux général Bonaparte qui avait cherché la gloire en Orient - " Cette petite Europe n'en fournit pas assez " avait-il un jour déclaré, apprenant les difficultés intérieures et extérieures de la France, était rentré avant lui, avait ourdit un complot contre le Directoire, et était bientôt devenu Premier Consul. Puis, poursuivant son envol vers sa gloire, opérera la réconciliation nationale, poursuivra l'œuvre de réorganisation et de centralisation de la France révolutionnaire et, finalement, proclamé Empereur des Français en 1804, pendra le nom de Napoléon.

La frégate organisée à grand peine par Dumas qui dut seul organiser son retour , fut endommagée dans une tempête et dut faire escale en Italie où la situation politique s'était retournée entre temps contre la France. Dumas est fait prisonnier de guerre à Tarente. Il est emprisonné à Brindisi, puis Messine où on tente de l'empoisonner. Après avoir été désavoué lors de la campagne d'Égypte puis abandonné dans les geôles italiennes par Bonaparte qu'il avait loyalement servi, y avoir été effroyablement torturé, il est finalement remis en liberté lors de la victoire française de Marengo.

Rentré en France, gravement malade à la suite des sévices subis, presque sourd, aveugle d'un oeil, en partie paralysé et souffrant d'un ulcère à l'estomac, il rentre à Villers-Cotterêts en juillet 1801.

Ayant repris des forces, il demanda à reprendre du service, ce qu'on lui refusa dans un premier temps pour ensuite lui offrir le commandement de l'expédition de Saint Domingue de 1801, expédition qui devait mettre fin aux désordres et aux cruautés sans nombre de même qu'à la révolte des esclaves dans la colonie. Mais il refusa catégoriquement, ne voulant pas se battre contre ses frères de couleur : " Citoyen Consul, je ne puis obéir. Vous oubliez que ma mère était une négresse. Je n'irai pas amener les chaînes et la désolation à ma terre natale, aux hommes de ma race ! "

En 1802, le Consulat est au pouvoir. Dumas sera bientôt victime de l'épuration raciale de l'armée comme tous les officiers de couleur qui en seront exclus. Le territoire sera même interdit aux Nègres.

Bonaparte le destitue de son grade de général de division. Il est mis d'office à la retraite, mais toute pension lui est refusée de même que les arriérés dus et les indemnités de captivité qui lui sont également dus. Ce qui se répercuta ensuite sur sa veuve qui ne toucha pas de pension, et tint bientôt un bureau de tabac pour pouvoir survivre. Il ne sera pas cité sur le mémorial de Sainte Hélène, ce récit dans lequel ont été recueillis les mémoires de Napoléon Bonaparte à Sainte Hélène et restera ignoré de la plupart des historiens de l'Empire. Il ne sera jamais décoré de la Légion d'Honneur.

Cet homme qui fit la campagne de Belgique, la guerre de Vendée, la guerre des Alpes, la campagne d'Italie et finalement celle d'Égypte meurt dans le dénuement en février 1806 ayant donné le jour à un enfant qui aura bientôt quatre ans, un fils qu'il ne pourra éduquer, lui qui bénéficia d'une bonne éducation de fils de famille.

* * *

Ce fils pourtant fit son chemin, vaillamment et brillamment comme nous le savons. Il fut fier de porter le nom que son père avait choisi, ce nom dont Victor Hugo dira qu'il est " plus que français, mais bien européen et même plus qu'européen, il est universel " insistera notre poète qui ajoutera : " Alexandre Dumas est un des hommes qu'on pourrait appeler les semeurs de civilisation. "

Il n'eut jamais honte d'être ce que l'on est coutume de nommer " un sang mêlé ", un " quarteron ", et il s'exprime ainsi : " Lorsque j'ai découvert que j'étais noir, je me suis déterminé à ce que l'on voie l'homme en-dessous de ma peau. ". Il n'eut d'ailleurs jamais honte de son ascendance et un jour qu'un malotru disait : " Grattez l'écorce et vous trouverez le sauvage ", il eut cette réplique pleine d'esprit : " Mais très certainement ! Mon père était un mulâtre, mon grand-père un nègre et mon arrière-grand-père un singe : ma famille commence où la vôtre finit ! "

* * *

Le " mulâtre " dont nous venons de voir la vie dans ses grandes lignes a été longtemps un oublié de l'histoire. A toutes les époques, tous les dignitaires de la République ont toujours évité de prononcer le nom du général Dumas.

Mais les temps changent, la situation, les esprits, de même que les opinions évoluent avec la politique, et c'est finalement le 4 avril 2009 qu'eut lieu l'inauguration officielle Place du général-Catroux à Paris dans le 17e arrondissement d'un monument en l'honneur du général Alexandre Dumas.

Ce monument particulièrement spectaculaire et imposant représentant des fers d'esclaves brisés de plus de cinq mètres de haut et pesant plusieurs tonnes est l'œuvre de Driss Sans-Arcidet. Il remplace enfin une statue érigée à la gloire du premier général d'armée afro-antillais dont Anatole France disait : " Le plus grand des Dumas, c'est le fils de la négresse. Il a risqué soixante fois sa vie et est mort pauvre. Une pareille existence est un chef d'œuvre auprès duquel rien n'est à comparer. "

Cette première statue, œuvre d'Alfred de Moncel, avait été installée début 1913, six ans après le centenaire de la mort de Dumas, donc assez tardivement après la disparition de l'homme, et cela grâce à la campagne menée par Anatole France, alors que son fils, le romancier, avait déjà demandé en 1838 qu'une statue soit érigée à Paris à la mémoire de son père. " Ce serait, disait-il, une manière de rappeler à la vieille Europe si fière de son Antiquité et de sa civilisation, que les Haïtiens, avant de cesser d'être Français, ont payé leur part de gloire à la France. " Cette première statue, financée par souscription publique auprès d'un petit comité de fidèles du romancier Alexandre Dumas, fut abattue par les Nazis et envoyée à la fonderie dans leur programme de récupération de métaux en 1943.

Le monument que nous pouvons admirer à présent place du général-Catroux est une œuvre symbolique étant à la fois un monument au général mais aussi à l'abolition de l'esclavage.

L'historien Claude Ribbe, originaire de la Guadeloupe par son père et de la Creuse par sa mère, s'affirmant résolument universaliste s'est illustré en revisitant le passé esclavagiste français d'un point de vue antiraciste et anticommunautariste. Il a lui-même écrit une biographie du général intitulée < Le diable noir> dont il a tourné un film. C'est lui qui a engagé la campagne pour la réhabilitation de ce militaire dont le nom, ne l'oublions pas, a été obligatoirement gravé sur la face sud de l'Arc de triomphe.

Les deux bracelets d'esclaves pèsent 2,5 tonnes chacun. Le premier fer est ouvert, avec quelques maillons attachés à la terre. Il représente l'enfance en esclavage du général. Le deuxième est fermé mais sa chaîne s'élève vers le ciel : il symbolise l'âge adulte et la gloire en qualité de général de Napoléon. Ce fer, encore fermé et qui reste donc à ouvrir, me semble bien significatif et me persuade qu'en nous efforçant de faire revivre l'homme dans notre exposé, nous oeuvrons aujourd'hui dans la bonne voie.

Cette sculpture imposante vient s'associer à la statue d'Alexandre Dumas père et à celle de Dumas fils qui se dressaient déjà sur la place, place qui retrouve ainsi et comme c'était le cas au début du XXe siècle, sa vocation de " Place des trois Dumas ".

Il existe une autre place dénommée " Place des trois Dumas ". Elle se trouve à Jérémie, au cœur de la Haute Ville, où trône le buste en bronze du général et une plaque commémorative.

De plus, en 2006, lors du bicentenaire de sa mort, deux plaques ont été apposées en son honneur: l'une sur la façade de la maison où il mourut à Villers-Cotterêts et une deuxième au col du Petit Saint Bernard dans les Alpes. Et depuis 2009 se trouve une stèle dédiée au général Dumas à Evry dans l'Essonne, dévoilée par Manuel Valls, alors maire de la ville.

Une vive amertume, une profonde tristesse s'emparent de moi quand, ayant eu pour but de tracer rapidement le destin de " l'Hercule de Saint Domingue " et de vous présenter sa carrière foudroyante puis sa disgrâce aussi foudroyante, de souligner la tragédie de l'abandon qui marqua la fin de la vie d'un homme, je tombe durant mes dernières recherches sur des éléments d'information plus que discordants. C'est ainsi que je lis qu'en 2014, le maire FN de Villers-Cotterêts nouvellement élu, annula la cérémonie de commémoration de l'abolition de l'esclavage qui devait se dérouler devant la plaque apposée sur la maison mortuaire du général, symbole de l'intégration possible d'un homme de couleur. Cette cérémonie a certes pu ensuite avoir de nouveau lieu grâce à l'engagement de l'Association des Amis du général Dumas, mais le maire ne voulut pas y participer refusant toute culpabilisation au sujet de l'esclavage et de la Traite des Noirs. A vous de conclure.

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Communiqués (2015)

24 novembre 2015

Serge Chérie-Zécoté
Serge Chéri-Zécoté

Chers(es) membres,
Chers(es) sympathisants(es) .

Vous avez bien voulu me reconduire à la tète de notre association Amis de la Martinique et des Caraïbes pour la quatrième fois. J'en suis très honoré et vous en remercie de tout mon cœur pour votre confiance.

Mon engagement et ma loyauté conformément aux statuts de l'association, sont garantis. Ceci avec force et vigueur! Je suis reconnaissant au dynamique et très efficace comité directeur pour son aide et, bien entendu, à vous tous.

Vous avez reçu, par mail ou par courrier postal, le compte rendu de l'assemblée générale du 31.10.2015. Les prochaines activités prévues pour l'année 2016, à savoir la fête nationale française (14 juillet) ainsi que la journée culturelle caribéenne (12 novembre) à Baden-Baden, y sont mentionnées. La liste des activités n'est cependant pas exhaustive. Vos propositions éventuelles seront également étudiées. N'hésitez pas à nous les soumettre dans des délais raisonnables, afin que tous ensemble, nous parvenions à la réussite de cette journée culturelle (adresse utile: martinique.bw@gmx.net). D'avance, je vous remercie.

Pour l'heure, je vous souhaite pour vous et pour tous vos proches, d'excellentes fêtes de fin d'année et une bonne et heureuse année 2016. Que tous vos vœux et souhaits soient comblés durant cette année nouvelle.

Le président Serge Chéri-Zécoté.



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2 novembre 2015

Après un dépôt de gerbe au cimetière "Ehrenfriedhof" de Baden-Lichtental le 2 novembre 2015, en commémoration des soldats français et allemands morts au combat, les participants se sont retrouvés au restaurant "Goldener Löwe" pour une réception organisée par la mairie de Baden-Baden.

De gauche à droite: Mme le Dr. Martine Schoeppner, première vice-présidente de l'assemblée des
Français de l'étranger et conseillère consulaire pour la circonscription Allemagne, Suisse,
Autriche, Slovaquie et Slovénie, M. Serge Chéri-Zécoté, président des Amis de la Martinique
et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg, Mme Margret Mergen, Maire de Baden-Baden,
M. le Dr. Heinrich Niederer président du Cercle Franco-Allemand.



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Procès-verbal

ASSEMBLEE GENERALE 2015

Date: 31 octobre 2015
Lieu: Café Hoffmann, Langestrasse 39 -76530 BADEN-BADEN

Le président Serge Chéri-Zécoté ouvre l'assemblée générale à 16h30. Il souhaite la bienvenue aux participants, notamment aux nouveaux membres. Il remercie tout particulièrement Günther Klümper et son épouse Madeleine Klümper-Lefebvre, membres bienfaiteurs de l'association, pour leur présence et leur soutien constant aux actions modestes mais néanmoins humanistes de l'association. Il constate que le quorum est atteint pour délibérer valablement conformément aux statuts. Il présente les excuses des membres suivants : Astrid Sperling-Theis, Anouk Chéri-Zécoté, Christel Ketterer, Günther Ketterer. Sur ce, il rappelle l'ordre du jour communiqué par la convocation :

1 - Hommage aux disparus
2 - Lecture de la correspondance
3 - Admission de nouveaux membres
4 - Quitus
5 - Élections du bureau
6 - Divers

Point 1:
Une minute de silence est observée en hommage aux disparus de l'association et à Raphaël Elizé, dont le 70ème anniversaire de sa mort fut commémoré en 2015. Raphaël Elizé était le premier maire issu des Antilles françaises en métropole. Il naquit en 1891 en Martinique et fut élu maire de Sablé-Sur-Sarthe (Normandie) en 1929. Lors de la seconde guerre mondiale, il fut destitué à cause de sa couleur de peau. Il fut déporté à Buchenwald où il mourut en 1945.

Point 2 :
Le président commente les correspondances reçues au cours de l'année précédente, notamment les réponses négatives des mairies de Baden-Baden, Rastatt et Bühl quant à l'apposition d'une plaque commémorative en hommage à Aimé Césaire (voir également point 6 -divers).

Point 3:
L'association se réjouit de l'admission de 5 nouveaux membres: Alexandra Sand, Brigitte Sonneborn, Katharina Dührkop, Liane Böhme, Robert Steinseufzer.

Point 4:
Les comptes sont présentés et commentés aux membres. Le quitus est accordé à l'unanimité au comité directeur pour sa gestion.

Point 5:
Le bureau suivant est élu à l'unanimité:
- Président Serge Chéri-Zécoté
- Vice-président Antoine Ruck
- Secrétaire Christiane Ruck
- Trésorier Charles Babillotte
- Commissaire aux comptes Jürgen Krust
- Assesseurs Roswitha Ganter, Georges Ganter, Astrid Sperling-Theis, Anouk Chéri-Zécoté.

Point 6:
6.1: Prévisions du programme des manifestations 2016 :
- Pour la fête nationale française (14 juillet): conférence de Mme Madeleine Klümper-Lefebvre; thème: Sévériano de Hérédia, premier maire noir de Paris, député et ministre (1836-1901).
- Le 12 novembre: journée culturelle caribéenne.
6.2: L'action pour l'installation d'une stèle en hommage à Aimé Césaire sera poursuivie. Il s'agit de trouver un emplacement dans un espace culturel ou un parc pour l'apposition d'un relief en bronze en souvenir du grand humaniste, poète, écrivain et homme politique de la Martinique (1913-2008). Le relief présenterait son portait sur fond d'une esquisse d'un paysage de la Martinique (la Montagne Pelée), ainsi qu'une courte biographie. Ce projet qui naquit en 2013 à l'occasion du 100ème anniversaire de sa naissance, n'a pas pu, pour différentes raisons, être réalisé à ce jour par les mairies de Baden-Baden, Rastatt et Bühl.
6.3: L'idée de Mme Klümper-Lefebvre d'adhérer, en tant qu'association, au Cercle Franco-Allemand de Baden-Baden, a obtenu un un écho très favorable. Un courrier en ce sens sera adressé au CFA.

L'assemblée générale est déclarée close à 17h30.

Le président Serge Chéri-Zécoté

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Sévériano de Hérédia

Texte: Madeleine Klümper-Lefebvre (Octobre 2015)

Severiano de Heredia



Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré;

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.

* * *


Lorsque j'entendis pour la première fois le nom de l'homme dont je veux vous parler aujourd'hui, Severiano de Heredia, ce fut ce poème qui me vint de suite à l'esprit. Il est intitulé "Les Conquérants" et fait partie du recueil de poésies qui a pour titre "Les Trophées", recueil comprenant 118 sonnets, composés au XIXe siècle par José Maria de Heredia (1842-1905).

Lycéenne, j'avais été séduite par ce nom "exotique et sonore" comme le qualifia Théophile Gautier, nom qui a une origine basque et peut être soit un toponyme, donc un nom de lieu, comme c'est le cas pour un village du pays basque espagnol et une ville, de même qu'une province du Costa Rica, soit un patronyme, porté par un assez grand nombre de personnes parmi lesquelles je trouve tant un capitaine pontifical à Avignon au XIVe siècle, qu' un religieux espagnol à la même époque, puis Pedro de Heredia le fondateur de la Carthagène des Indes au XVIe en Colombie, une actrice mexicaine née en 1966, un chanteur argentin, et bien entendu j'en passe.

Tous ces Heredia n'ont sans doute pas tous de lointains antécédents conquistadors comme les a décrits notre poète dans son sonnet, ce sonnet à la construction si serrée et savante, au rythme si impératif et qui est une joie tant pour l'oeil que pour l'oreille, constitue de plus une cristallisation d'une masse de connaissances historiques si importante qu'on ne se lasse pas de le lire pour en pénétrer de plus en plus le sens.

Pourtant, le porteur de ce nom dont il sera question plus en détail aujourd'hui, prénommé Sévériano, lui, a de bonnes chances d'avoir pour lointain ancêtre ce Pedro de Heredia, qui, alors que l'on qualifia les terres nouvellement découvertes d' "Indes occidentales", pensant que Christophe Colomb parti pour Cipango ( le Japon) avait fait le tour de la Terre jusqu'à l'Inde quand il débarqua sur l'île de Haïti, donna à une ville portuaire de la côte nord du continent sud-américain le nom de "Cartagena de las Indias". Ce possible ancêtre conquistador, appartenait sans aucun doute à la noblesse espagnole appauvrie, cette noblesse contrainte de chercher fortune ailleurs. Il était donc un de ces aventuriers partis d'Europe sur les traces du Génois Christophe Colomb à la fin du XVe siècle et au début du XVIe. Tout d'abord aventuriers violents, notre poète ne les assimile-t-il pas à des oiseaux de proie avides de sang, ils se sont transformés en hommes conscients de la grandeur de leur voyage, voyage qui leur a ouvert l'immensité d'un autre monde.

Ce Pedro de Heredia avait obtenu du roi d'Espagne , l'empereur Charles Quint, le titre de "Adelantado" qui lui conférait tous les pouvoirs pour s'emparer, au nom de l'Espagne, des terres, des richesses et des hommes de la partie septentrionale de l'Amérique du sud, baptisée la "Castille de l'Or", devenue peu ou prou l'actuelle Colombie. Nous verrons bientôt les premiers descendants de cet intrépide conquistador installés à Saint-Domingue. A la fin du XVIIIe siècle, des bouleversements chasseront les Heredia vers Cuba. Et c'est dans cette île que nous rencontrerons deux frères du nom de Heredia: Manuel et Nicolas.

Manuel eut deux fils et deux petits-fils, dont l'un fut le poète hispano-américain et chantre de la liberté et de l'indépendance cubaines, José Maria de Heredia y Heredia (1803-1839), représentant de l'école préromantique, célèbre pour son impressionnante ode au Niagara "Niagara poderoso", et l'autre, le poète français dont nous avons lu le poème, Jose Maria de Heredia y Girard.

Permettez-moi une courte explication: vous pensez peut-être que je mélange dangereusement les noms. Ce n'est pourtant pas le cas: la coutume veut en effet, tout au moins pour les personnes d'un rang assez élevé, que paraisse dans le patronyme, accolé au patronyme du père par la conjonction de coordination "y" qui signifie "et", le premier patronyme de la mère. Dans le cas du premier José Maria de Heredia il s'est trouvé que la mère portait le même patronyme que le père!

Nicolas, lui, eut un seul fils prénommé Ignacio, avocat et riche planteur créole qui épousa la Française Madeleine Godefroy avec laquelle il n'eut pas d'enfant, alors qu'il eut un fils avec une mulâtresse libre du nom de Brigida ou Béatrice. Il reconnut implicitement ce fils hors mariage et s'arrangea, je ne tenterai pas de vous expliquer ses manigances, pour lui donner son nom, ne figurant pourtant sur les actes officiels que comme son parrain! Ce fils biologique, Severiano de Heredia (1836-1901), vous l'aurez compris, est l'homme politique français pour lequel nous nous intéressons présentement.

* * *

Je viens donc de vous présenter trois cousins, trois branches distinctes d'un même arbre généalogique, c'est-à-dire d'un même tronc.

Retournons à présent à celui qui nous intéresse. Notre Heredia ne partit pas vers l'Amérique pour faire fortune, puisque, de toutes façons il était déjà fortuné ayant reçu son importante part d'héritage de son père récemment décédé, mais arriva en France vers l'âge de neuf ans pour y faire ses études, accompagné de la veuve de son père biologique qui l'avait adopté et assurera son éducation après la mort de la mère biologique, la mulâtresse Brigida quand l'enfant allait avoir cinq ans.

Pour ce qui est des précisions que nous pouvons retrouver dans des actes officiels ayant trait à sa naissance, et à sa prime jeunesse, à ses véritables origines, je dois avouer que la recherche s'avère assez difficile, Severiano semblant, lors de son mariage en 1868 avoir voulu taire ou manipuler certains détails, le mystère de ses premières années reste donc complet. Mais je me garderai bien de me perdre dans des conjectures qui, finalement, n'ont dans mon contexte aucune importance!

Venir tout jeune faire ses études en France, ce fut aussi ce qui se passa pour son cousin dont nous venons de lire le sonnet. Mais Severiano, ne se distinguera pas par ses poèmes bien qu'il fît preuve, dans sa jeunesse, d'un certain talent de versificateur. Il ne persévéra pourtant pas dans cette voie et certains critiques pensent qu'il aura eu raison. Pour ma part, je ne saurais trancher. Mais nous n'ignorons pas que le "nonchalant créole" tenta, alors qu'il était lycéen, d'imiter son parent havanais Jose Maria de Heredia y Heredia comme le certifie la poétesse Marceline Desbordes-Valmore dans une lettre de recommandation. Il publie des poèmes dans La Revue de Paris. Victor Hugo adresse une lettre depuis Jersey au poète débutant en 1857: "Vos vers sont illuminés du vrai rayon de l'idéal, vous avez la foi, la grande foi qui est une vertu. Vous traduisez cette foi en strophes vaillantes... continuez, je vous suis des yeux et je vous applaudis..." Mais malgré cet encouragement, il semble que Severiano ne persévérera pas dans cette voie. Arrêtons-nous un instant, si vous le voulez bien, sur le premier quatrain d'un de ses rares poèmes paru en 1857:

A quoi bon se pencher vers les bruits de la terre?
Pourquoi mêler sans but à ses folles clameurs
Une clameur de plus, quand nous pouvons nous taire,
Et l'œil au ciel, chercher de plus saintes rumeurs?

Mais, en fin de compte, il ne se tut pas bien longtemps puisque nous le voyons s'engager dans la vie politique en 1864! Il avait sans doute reconnu que ses dons d'orateur surpassaient ceux du poète!

* * *

Revenons un peu en arrière et recherchons à présent Severiano dans les archives du prestigieux lycée Louis - le - Grand, ce lycée où les classes les plus éclairées et les plus influentes de la société envoyaient sciemment leur progéniture. Il en sort après sa Rhétorique. Il a cumulé les prix et les accessits. Il a donc fait de très solides études classiques. Il est parvenu à se hisser au niveau de l'élite. De plus, il est parvenu, de par ses qualités humaines à s'imposer auprès de ses condisciples, lui l'orphelin de père et de mère, lui l'étranger - n'oublions pas qu'il est sujet espagnol puisqu'il a vu le jour à Cuba alors colonie espagnole - lui le sang-mêlé, lui le descendant d'esclaves africains. La bonne société de l'époque est prête à l'accueillir. Il a de l'argent, est acharné au labeur, il manie la langue française avec une aisance et une noblesse à toute épreuve.

Son penchant irrépressible pour la littérature et l'écriture fera rapidement de lui un chroniqueur. Suivront assez rapidement le conférencier et l'orateur.

* * *

Ses premières chroniques esthétiques paraissent dans "Le Gaulois", un hebdomadaire culturel. Il a 22 ans, et lui, le métisse, signe "Un Gaulois au Salon" et il avertit ses lecteur: "Ce que j'aime...c'est la pensée et le sentiment... la vérité et la vie... une foi sévère en la jeunesse et en l'avenir"! Il rédige également des chroniques pour la Revista Hispano-Americana de Madrid un organe notoirement abolitionniste dont le directeur, avocat et écrivain Antonio Angulo y Heredia, est un cousin et a son âge. Severiano y fait l'éloge de la capitale, l'éloge du Parisien, et émet des jugements très personnels en matière d'art théâtral, de peinture, de religion, de politique, mais, par politesse ou par circonspection ne fait jamais allusion à l'esclavage. Nous ne savons pas quand Severiano s'est déssaisi de sa "dotation" africaine héritée de son père. Il fit la démonstration publique qu'il n'employait plus que des travailleurs libres dans sa sucrerie en 1876.

Bien qu'étant natif de Cuba, ayant eu pour père biologique un créole cubain et recevant une partie de ses revenus de Cuba, bien que connaissant la fierté des Cubains pour ce fils ministre en France, Severiano s'est toujours senti Français. Il a pourtant accepté d'être à la tête d'un comité français d'hommes politiques et d'hommes de lettres pour la défense de Cuba libre, donc milité activement à l'indépendance de la colonie espagnole, sans pourtant perdre de vue ses intérêts dans l'île.

Nous remarquerons bientôt chez lui un intérêt croissant pour la question sociale de même que sa nette politisation. Ce sera bientôt 1870 et la guerre contre la Prusse, puis la proclamation de la République à l'Hôtel de ville de Paris. Severiano applaudit. Lui, le jeune rentier fortuné qui avait semblé un temps "doué pour le farniente" comme le caractérisera son ami Maurice Dreyfous, était devenu avec le temps "l'un des plus terribles bourreaux d'ouvrage qui ait existé!" En effet, après une période de dilettantisme studieux durant laquelle il étudie entre autres les finances, l'économie, les rapports sociaux, accumule les livres dans sa bibliothèque, épouse en 1868 une jeune veuve disposant de coquettes rentes, lui-même ayant investi dans la pierre et percevant des rentes régulières de sa cote part dans la vente du sucre que produit la plantation sucrière et la sucrerie de Cuba, notre Severiano a toujours le statut d'étranger, ce qui lui interdit de faire activement de la politique alors que tout semble l'y porter.

Il entre bientôt dans la franc-maçonnerie parisienne où il se hisse bien vite aux grades supérieurs. Ne pouvant oublier ses attaches cubaines, il s'engage depuis Paris dans le combat livré à Madrid par les abolitionnistes espagnols en faveur de l'extinction progressive de l'esclavage dans les colonies espagnoles des Antilles. Finalement, en mars 1870 - il est âgé de 28 ans - il entreprend de devenir Français à part entière "pour montrer qu'il reconnaissait ce qu'il devait à la France en ces temps difficiles et pour lui être utile" comme il l'écrit et c'est à partir du 28 septembre de la même année qu'il est admis à jouir des droits de citoyen français.

* * *

Permettez-moi à présent un court rappel de la situation politique en France:
En 1852, l'Empire avait été proclamé au profit de Napoléon III.
En 1870, la France et l'Allemagne s'affrontent dans un conflit voulu dans les deux camps.
Le 1er septembre 1870, c'est la capitulation de l'Empereur à Sedan. La république est proclamée le 4, Paris est assiégé et connaît la faim et le froid.
Le 28 janvier 1871, l'Assemblée nationale se prononce en faveur de la paix.
Le 10 mai, c'est le traité de Francfort qui enlève à la France l'Alsace et le nord de la Lorraine.

Une grande partie de la population française et surtout parisienne a énormément souffert de la guerre - on a mangé du chien et du rat- et , suite à certaines maladresses des politiques, l'insurrection populaire éclate en mars et ce seront les sanglants 70 jours de la Commune sur lesquels je ne m'appesantirai pas.

* * *

De décembre 1870 à juin 1871, Severiano avait fui la capitale bombardée, assiégée, affamée, et s'était réfugié au château de Larçay, propriété de son beau-frère par alliance, d'où il va combattre avec sa plume. Pressentant un dénouement catastrophique du conflit, il rédige entre autres un "Appel au peuple" et des appels à des républicains comme Gambetta. Son programme, écrit en pleine guerre, tient en trois points: 1) Modération en cas de victoire - 2) Résignation en cas de défaite- 3) Plébiscite immédiat. Il écrit: "Si nous rentrons à Paris, ne nous croyons pas invincibles, ne demandons pas à franchir le Rhin. Offrons immédiatement la paix à l'Allemagne."... et plus loin, il ajoute: "Si nous devions perdre quelques kilomètres de terrain, la pénitence ne serait pas trop amère ( ...) la vraie, la grande douleur nationale ( ...) serait l'abandon de nos frères d'Alsace et de Lorraine, arrachés brutalement à la famille française par le droit inique de la force." Quel fervent nationalisme de la part d'un naturalisé de fraîche date, qui reste pourtant un fervent pacifiste. N'a t-t-il pas dit: "Il est temps d'en finir avec les guerres périodiques et les boucheries humaines!"

* * *

Elevé dans la religion catholique, Severiano , dont nous ne savons pratiquement rien des premières années, ne fréquente à présent plus l'église, sauf pour des enterrements par respect des convictions et n'a d'autre credo que la libre pensée. "Il faut se placer, pense-t-il, d'une manière définitive du côté de la science et de la conscience!" Un ami considéré comme un "républicain avancé" le lance en politique et il tentera sa chance aux élections municipales partielles en 1873. Le voilà conseiller municipal.

De 1871 à 1901, trente ans durant, Severiano défendra avec acharnement le principe de la laïcité dans les lieux publics: cimetières, hôpitaux, bâtiments, écoles... et les institutions républicaines, et ce n'est pas un hasard si dans certaines rubriques on le taxe de "Croisé de l'école laïque". Ajoutons pourtant que son zèle n'a jamais versé dans un anticléricalisme outrancier.

Il verra enfin à partir de 1881 son vœu exaucé par l'établissement de l'enseignement primaire laïc obligatoire et gratuit, suite à l'adoption des lois dites de Jules Ferry. Mais soulignons que ce n'est pas encore la séparation complète de l'Église et de l'État. Nous pouvons pourtant affirmer que Severiano de Heredia a été un artisan de l'avènement de ces lois fondatrices et stabilisatrices de la république française. Il oeuvra également pour le développement de l'instruction des femmes, n'entendant pas reléguer la femme au foyer. Nous le constatons: il est des plus actifs, bourré d'initiatives, bousculant la routine et résolument tourné vers l'avenir. Il a de l'allant, de l'entregent, c'est un rassembleur. Il veut réformer la société française dans laquelle il constate trop de "résidus" du pouvoir bonapartiste.

Severiano de Heredia fut donc élu membre du Conseil municipal de Paris dont il devint le président en 1879. Un peu d'histoire, si vous le permettez:

La première municipalité de Paris fut constituée vers 1260 et eut une longue histoire assez mouvementée. Avant la Révolution de 1789, la municipalité de Paris était dirigée par le prévôt des marchands, le dernier en date ayant été tué le 14 juillet 1789, le premier maire fut élu le lendemain. Mais de 1821 à 1977, la ville fut administrée par l'État et Paris devint une ville sans maire, une flagrante anomalie, conséquence de la méfiance dont faisait preuve le pouvoir central face à l'esprit frondeur et au penchant révolutionnaire dont la ville avait fait preuve au cours de l'histoire. Paris dut donc se contenter d'un Président du Conseil général qui changeait tous les six ans et possédait une fonction équivalente à celle de maire. Cela nous explique que l'on soit bien en droit de dire que Severiano, ce mulâtre cubain, fut "maire" de Paris. Il ne manqua pas d'ailleurs de souligner à maintes reprises que "les libertés communales sont la base d'un pays libre"!

Le statut de maire qui ne disposa pourtant pas encore de tous les pouvoirs jusqu' en 2002, ne fut rétabli qu'en 1977 avec Jacques Chirac qui garda le poste jusqu'en 1995. Aujourd'hui, et ce depuis avril 2014, Paris a sa tête Anne Hidalgo, espagnole de naissance.

En 2003, le maire Bertrand Delanoë, proposa de donner à une rue de la capitale le nom de rue Severiano de Heredia, ce qui doit, d'après les informations que j'ai pu recueillir, se passer solennellement en ce moment, 5 octobre 2015 vers 15 heures, dans le XVIIe arrondissement, alors que je suis en train de taper cette phrase sur mon clavier! Anne Hidalgo vient de s'exprimer en ces termes: "Je suis heureuse et fière de rendre hommage aujourd'hui à Severiano de Heredia".

* * *

Severiano fut bientôt lancé dans l'arène politique quand le député de la Seine mourut. Il fut élu député de la Seine en 1881 grâce au soutien des comités laïques et des loges maçonniques. Il est le seul homme de couleur et le seul à porter un nom à particule à la Chambre des députés. Il déborde de santé, il est formé à l'étude et reste fidèle à lui- même bien qu'il soit devenu au fil des ans moins radical et de plus en plus conciliateur dans son programme politique et social. Il a fourni un travail considérable durant ses huit années de mandat municipal, mais démissionne du Conseil municipal puisqu'élu à la députation. C'est donc à présent un destin national qui l'attend après une belle carrière municipale menée tambour battant.

Il a à présent quarante-cinq ans, et il est l'un des deux élus du XVII arrondissement, le plus peuplé de la capitale après le XIe et le XVIIIe. Il prendra rapidement à cœur sa mission et goût à la fonction. Connaissant ses convictions bien enracinées sur les questions de l'école et de la laïcité, les réformes sociales, nous pouvons imaginer son activité inlassable au sein du parlement. Cette action fut loin d'être toujours facile, les débuts de la Troisième République qui succéda au second Empire en 1871 et dura jusqu'en juin 1940 fut une période des plus difficiles pour le gouvernement du pays, les législatures se bousculant à un rythme parfois époustouflant! Lui, est réélu en 1885, non sans quelques difficultés dues à des rivalités au sein des clans politiques, rivalités sur lesquelles je ne m'appesantirai pas.

Quant à son action durant ses deux mandats, je n'en citerai qu'une qui, je me dois de l'avouer, m'a péniblement ...étonnée: dans le vote des crédits aux expéditions coloniales, lui, le mulâtre des Antilles, a suivi ses collègues blancs! Il ne fut pas le seul d'ailleurs dont l'attitude me semble difficile à interpréter!! En effet, les parlementaires de la Guadeloupe et de la Martinique, également mulâtres, votèrent pour la conquête de la Tunisie et du Tonkin! Doit-on, peut-on tenter d'accepter cette explication que Severiano a fourni à ce sujet, à savoir son patriotisme, sa conception de l'honneur national? Pour ma part c'est une position que je peine à adopter, même si j'étudie la situation politique européenne au moment du congrès de Berlin en 1884-85, cette conférence internationale qui scella l'entente entre toutes les nations dites civilisées au sujet d'un partage systématique du continent africain! Que nous sommes loin de la lucidité historique et de l'humanisme intégral du poète hispano - cubain José Martí y Perez qui vit par exemple dans la conquête du Nouveau Monde un crime contre l'Humanité et la Culture!

* * *

Par, ce que je penche à qualifier d'ironie du sort, c'est que c'est justement le colonialisme qui conduisit Heredia à se retirer de la vie politique. Alors que l'on justifiait les conquêtes, disons plutôt les "guerres" africaines pour "civiliser" les populations noires, il était assez contradictoire, pensait-on, d'avoir un mulâtre au sein du gouvernement! Sa cote commença à baisser et surtout lors de l'Exposition universelle de Paris en 1889. La première de ces expositions internationales qui se succédèrent à cette époque ayant été celle de Melbourne en 1866. Celle de Paris qui nous intéresse plus particulièrement et pour laquelle on construisit la Tour Eiffel, dura six mois. Elle comptait de nombreux pavillons dans lesquels on avait mis en situation des habitants des colonies. Les puissances impérialistes, dans leur besoin perpétuel de déshumaniser les peuples vaincus et de se glorifier de leur supériorité, exhibaient ainsi des indigènes comme des êtres dits "primitifs" ou "sauvages" en voie de domestication autour de gigantesques palais construits spécialement pour l'événement, répondant ainsi à l'imaginaire occidental. Ce qui avait l'allure d'un zoo humain des plus cruels mais faisait la distraction des citoyens. L'année 1889 était pourtant sensée symboliser les cent ans de la liberté, de l'égalité, et de la fraternité républicaines!

* * *

En 1887 Sévériano entrera au gouvernement et deviendra ministre des Travaux Publics, un ministère "technique" qui convient bien à sa personnalité, bien qu'on ait pu s'attendre à ce qu'on lui offre l'Instruction Publique. Malgré des animosités plus ou moins ouvertes et qui accompagnent si souvent les nouvelles nominations, Severiano va s'atteler à la réalisation d'un projet dont chacun parle et qui jusqu'à présent a végété, le fameux Métropolitain. En effet, Paris a besoin de ce moyen de transport moderne qu'ont déjà Berlin, Londres et New York, car la ville est asphyxiée.

Malheureusement le gouvernement auquel il appartient est renversé au petit jeu des combinaisons parlementaires quelque six mois après sa nomination comme ministre! Une nouvelle équipe gouvernementale est formée. Il faut de nouveaux hommes. Une certaine presse on ne peut plus raciste "anti noir" primaire n'avait eu de cesse d'ailleurs d'injurier "le nègre du ministère", "le nègre négrier", "le ministre chocolat aux grosses lippes", sa peau ayant "la couleur d'une prune d'Agen... et qui travaille ordinairement pour des prunes"!

Comble de la bêtise et du racisme allié à la xénophobie en circulation dans le pays sont mobilisés quand on taxe son père de "juif allemand"! Remarquez une chose, je vous prie: ces articles, diffamatoires au plus haut point, ne subissent aucune censure: le racisme alors n'est pas encore considéré comme un délit, c'est une opinion comme une autre! Severiano a la force et la grandeur d'âme de ne pas répondre à tous les bas procédés. Il sait l'égalité foncière des races humaines et ne ressent ni honte ni fierté à être vu comme un Noir. Il ne sera donc pas le ministre du Métropolitain! La première ligne de ce Métropolitain qu'il a appelé de ses vœux sera ouverte quelques mois avant sa mort. L'a- t-il encore empruntée? Je ne sais.

La brièveté de son séjour au ministère empêchera également toutes les autres réalisations qu'il avait depuis longtemps en tête, comme le creusement et l'aménagement de voies navigables, la possibilité de transformer Paris en port de mer, ou la construction d'un canal reliant Marseille à Bordeaux. De plus il fut confronté durant ses deux mandats à la montée d'une crise qui aurait pu mettre fin à la République et conduire la France à la guerre avec la Prusse: je veux parler de la montée en puissance du boulangisme. Voyant le danger, il combattit avec acharnement cette augmentation d'opinions revanchardes propagées par le général Boulanger, alors ministre de la guerre qui avait concocté une affaire d'espionnage en Alsace, alors que l'Alsace, et cela depuis 1871, était une province allemande. Georges Clémenceau qui avait fait partie de la gauche anticolonialiste eut le mot de la fin: "La guerre est une chose trop grave pour la confier à des militaires!"

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Mais le voilà devenu "Monsieur l'Ancien Ministre"! La soixantaine passée, la chevelure frisottante et grisonnante, il est toujours vif et élégant, sympathique et actif dans différents secteurs, bien que nous devions signaler une certaine perte de notoriété assez déplorable. Un secteur qu'il affectionne, lui le promoteur du progrès technique, c'est l'automobilisme, donc "la fin du cheval" comme le proclamait le titre d'un livre paru à l'époque, et bien que, suite à différents revers sa belle fortune ait quelque peu fondu, il aimerait créer sa propre société de construction d'automobiles et opte pour l'électricité comme source d'énergie. Mais les moteurs sont lourds, encombrants, leur autonomie est fort réduite et Severiano, "voituriste" comme on nommait alors les automobilistes, au "guidon" de son automobile électrique Krieger semble flâner, ne se préoccupant nullement des calèches tirées par des chevaux qui le dépassent! Il fut victime de deux accidents qui, s'ils ne furent pas mortels, l'affaiblirent considérablement. Il mourut le 9 février 1901 sans doute d'une congestion cérébrale. Il a soixante-cinq ans. Sa femme Henriette et sa fille Marcelle qui fit une brillante carrière dans la recherche scientifique comme neurophysiologiste et épousa un an plus tard le professeur Lapicque avec lequel elle collabora durant une quarantaine d'années, étaient bouleversées. Severiano fut inhumé au cimetière des Batignolles. Il repose en compagnie de son fils Henri Ignace, de sa mère adoptive, de son épouse, de sa fille et de son gendre Louis Lapicque dans la sépulture qu'il fit construire à la mort de son fils. C'est un monument en pierres aujourd'hui à l'état de semi abandon fermé par une grille peinte en bleu, dépourvu de tout signe religieux comme de tout symbole maçonnique. Parmi les personnalités qui se sont exprimées sur sa tombe, celle qui me semble la plus significative est l'anthropologue, journaliste et homme politique haïtien Antenor Firmin qui avait fait paraître en 1885 une étude qui a fait date et dont le titre est: "De l'égalité des races humaines", anthropologie positive et réhabilitation de la grandeur historique de la race noire depuis l' Ancienne Egypte, et cela en réaction à l'" Essai sur l'inégalité des races humaines" de Arthur de Gobineau (1854) qui préconisait, lui, une hiérarchisation des différentes races humaines.

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Vous êtes sans doute au courant de la polémique qui a secoué la société française; je me permets de vous la remettre en mémoire: le 26 septembre dernier, lors de l'émission télévisée de grande écoute "On n'est pas couché", Nadine Morano, députée européenne et membre du parti des Républicains sous la houlette de Monsieur Sarkozy, citait Charles de Gaulle qui avait , et cela fut rapporté dans un livre d' Alain Peyrefite, prononcé semble-t-il, la phrase suivante: "Nous sommes un pays judéo-chrétien de race blanche qui accueille des personnes étrangères". Cela devait se passer dans les années 50 du XXe siècle. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de la Seine et l'Assemblée nationale a, en mai 2013, sans doute au grand dam des "racialistes", rayé le mot du vocabulaire politique français. Nadine Morano l'a donc repris à son compte et n'a ni voulu se rétracter, ni s'excuser. Son parti, en l'occurrence fort embarrassé, lui a retiré son investiture aux prochaines élections régionales! Tous les pays ne ressentent pas cette même sensibilité à propos du vocable qui pose ici problème. Et, afin de calmer les esprits, je propose que l'on s'en tienne à la signification du Larousse: La race: "Une catégorie de classement de l'espèce humaine selon des critères morphologiques ou culturels sans aucune base scientifique et dont l'emploi est au fondement des divers racismes et de leurs pratiques." Et plus loin, nous lisons: "Les progrès de la génétique conduisent aujourd'hui à rejeter toute tentative de classification raciale chez les êtres humains."

* * *

Souvenez-vous: J'ai commencé mon exposé par le poème " Les Conquérants" de notre poète José Maria de Hérédia et nous avons compris par la suite qu'il était un cousin de Severiano. José Maria, de six ans le cadet de Severiano, était né comme lui sujet espagnol dans la colonie espagnole qu'était alors Cuba. Son nom était alors Jose Maria de Heredia y Girard, sa mère étant d'ascendance française. Il vint à Paris à l'âge de neuf ans pour y faire ses études tout comme Severiano.

Nos deux cousins, tous deux bourgeois cossus, portant le même nom, vécurent et oeuvrèrent donc tous deux de nombreuses années dans la capitale, mais cela sans se fréquenter. Ils ne laissèrent aucune trace de relation entre eux: ni familiales, ni littéraires, ni politiques, ni sociales. Severiano mourut quelques années avant son cousin. Selon toute vraisemblance, José Maria ne vint pas à son enterrement. Comment peut-on comprendre ce comportement, si ce n'est que par la fierté de descendre soi-même d'un glorieux conquistador et se trouvant donc ainsi dans l'impossibilité de fréquenter un bâtard et qui plus est un descendant d'esclaves! Comme l'écrira plus tard la fille de José Maria, Marie de Régnier, c'était de la "parenté de la main gauche" La journaliste et écrivain Sabine Faivre d'Arcier qui publie en français, de même qu'en espagnol aux éditions lettres cubaines vient de faire paraître un livre sur cette situation pour le moins étrange. Je vous cite un passage: "chacune de ces deux familles... vécurent côte à côte à Paris, gardant toujours entre elles, et durant un demi-siècle, la plus grande distance possible, ne serait-ce que pour préserver leur rôle et leur rang dans cette société. Failles et blessures furent recouvertes sous une chape d'indifférence, de silence, de non-dits, d'amnésie...."

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Communiqué de presse

Weyersheim - Les " Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg " remercient une entreprise bas-rhinoise pour son geste de solidarité

La famille Pastel et le président Serge Chéri-Zécoté
(au centre). Photo : Freunde von Martinique

Jean-Claude Pastel, marathonien et dirigeant de l'entreprise "Cartonnages d'Alsace" installée à Weyersheim a l'art et la manière de créer de bonnes surprises. C'est ainsi qu'une fois de plus, il offrit au président Serge Chéri-Zécoté un don de 500 € au bénéfice des actions de l'association des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg.

A cette occasion, la coutume a été respectée. La boisson traditionnelle, le " p'tit punch " de l'Ile d'origine de Jean-Claude Pastel et de Serge Chéri-Zécoté, la Martinique, fut offerte par la famille Pastel au complet.

Le président Serge Chéri-Zécoté se sent très honoré par la passion et l'engagement de la famille Pastel en faveur de sa modeste mais dynamique association, dont le siège se trouve à Baden-Baden depuis 2003 et qui poursuit exclusivement des buts humanistes. Elle promeut notamment la rencontre d'hommes et de femmes de divers horizons et au-delà des frontières pour un " vivre ensemble " harmonieux. Elle soutient également des étudiants originaires de la Martinique et des Caraïbes qui font leurs études sur le continent.

Les remerciements les plus vifs sont adressés à cette sympathique et chaleureuse famille.

Sites Internet de l'association et des Cartonnages d'Alsace:
www.martinique-bw.de
www.cartonnagesalsace.com/



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17 mai 2015

Ouverture et solidarité: aide aux écoliers du Népal

La conseillère municipale Astrid Sperling-Theis,
présidente du Kiwanisclub Aida,
également membre fondateur des Amis
de la Martinique et des Caraïbes
dans le Bade-Wurtemberg et Serge Chéri-Zécoté,
président de cette dernière association.
Serge Chéri-Zécoté, président des
Amis de la Martinique et des Caraïbes
dans le Bade-Wurtemberg,
Madame Leoff, enseignante et
deux étudiantes volontaires et engagées.



Le Kiwanisclub Baden-Baden Aida a invité le 17 mai à un brunch musical dans la cour romantique de l'école monacale du Saint-Sépulcre de Baden-Baden. Par ce dimanche après-midi très ensoleillé, la manifestation a connu une fréquentation importante.



Les quelque 100 convives, dont Serge Chéri-Zécoté, président des Amis de la Martinique et des Caraïbe dans le Bade-Wurtemberg, ont été agrémentés avec de nombreuses spécialités culinaires. L'ambiance musicale a été assurée par le duo "Cocktail Swing".



Les recettes de l'événement sont destinées au projet de tutorat "les élèves aident les élèves", cette fois en particulier pour l'aide aux écoliers du Népal.




Pour en savoir plus:
baden-baden-aida.kiwanis.de



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Einladung

Chers membres, chers amis, chers sympathisants,

Les amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg et leurs invités, sont conviés à une rencontre conviviale au restaurant du club de tennis "Rot-Weiss" (Lichtentaler-Allée), pour célébrer la fête nationale

le 14 juillet 2015 à 15 heures.

Divers choix de pâtisseries, café, thé et boissons rafraîchissantes agrémenteront le plaisir d'être ensemble.

Une photographie des participants sera effectuée à la roseraie (Gönner-Anlage) en souvenir de la fête nationale.

Les frais de cette manifestation fraternelle et amicale sont à la charge de notre association.

Soyez donc les bienvenus. Le comité directeur vous accueillera avec plaisir.

Veuillez svp vous inscrire en répondant par mail avant le 7 juillet (martinique.bw@gmx.net).

À bientôt.

Le président Serge Chéri-Zécoté

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Communiqués (2014)

Chers membres, Chers sympathisants,

Le comité directeur et le président Serge Chéri-Zécoté sont heureux de vous faire connaitre le bilan de l'année 2014 des activités de l'association des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg.

L'année 2014, en effet, se concrétise par des actions et des contacts positifs et excellents.

Notre association a d'une part été présentée à l'Assemblée Nationale par le vice-président Antoine Ruck, reçu par monsieur le Député des Français de l'Etranger Pierre-Yves Le Borgn' qui lui a réservé un accueil très chaleureux.

D'autre part, pour le centième anniversaire de la naissance du poète, écrivain et homme politique martiniquais Aimé Césaire, un arbre (mahogani) a été planté dans le célèbre jardin de Baden-Baden de la "Lichtentaler-Allée", par notre association et le Cercle franco-allemand de Baden-Baden.

Par ailleurs, à l'initiative de Madame le Dr. Martine Schoeppner, conseillère consulaire et première vice-présidente de l'Assemblée des Français de l'Etranger, et à la demande de Madame Joëlle Garriaud-Maylam, Sénatrice des Français de l'Etranger, une subvention de 3000 Euros a été accordée à notre association par la commission des finances du Sénat sur la réserve parlementaire au titre de l'année 2014. Cette subvention est destinée à la réalisation d'une plaque pour commémorer la mémoire d'Aimé Césaire.

En outre, le président Serge Chéri-Zécoté a eu l'occasion de rencontrer Monsieur le Consul Général de France en Allemagne et Directeur de l'Institut Français de Stuttgart, Nicolas Eybalin, le 4 novembre lors d'une cérémonie du souvenir à Baden-Baden organisée par la mairie et en présence de madame le Maire Margret Mergen, ainsi que Monsieur le Député des Français de l'Etranger Pierre-Yves Le Borgn' le 8 du même mois dans cette même ville, lors d'une manifestation organisée par le cercle franco-allemand à l'occasion de la publication du livre "Rencontres Inoubliables", œuvre historique réalisée par Madeleine Klümper-Lefèbvre.

Enfin, une conférence a été organisée le 13 juillet 2014 pour célébrer la fête nationale française à l'occasion de laquelle, Madeleine Klümper-Lefèbvre et Günther Klümper du Cercle franco-allemand, nous ont gratifiés avec beaucoup de finesse un dialogue sur le thème: l'Impératrice Joséphine de Beauharnais (née en Martinique en 1814) et Napoléon.

Finalement, n'oublions pas le soutien sans faille apporté par Jean-Claude Pastel, dirigeant de l'entreprise "Cartonnages d'Alsace" à qui nous adressons des remerciements les plus vifs et notre plus grande reconnaissance.

Souhaitons que l'année 2015 à venir nous apporte son lot de bonnes nouvelles, afin de permettre à notre association de progresser vers la réalisation des buts qu'elle s'est fixés.

À vous tous chers membres, chers sympathisants, le comité directeur, ainsi que le président Serge Chéri-Zécoté, souhaitent une agréable fin d'année entourés de vos proches et ceux qui vous sont chers. Des vœux de joie, de santé et de prospérité vous sont également prodigués pour l'année 2015.

Le comité directeur
Le Président Serge Chéri-Zécoté

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Rencontres inoubliables
8 novembre 2014

Une passion et un enthousiasme communs pour l'amitié franco-allemande : le président Serge Chéri-Zécoté, Mme le Dr. Schoeppner, M. le député Yves Le Borgn', (de gauche à droite).
Photo : Gerhard Kesselhut

Une manifestation à l'occasion de la présentation de l'ouvrage de Mme Madeleine Klümper-Lefebvre "Rencontres Inoubliables", a été organisée le 8 novembre 2014 à Baden-Baden par le cercle franco-allemand.

Un public franco-allemand nombreux ainsi que des personnalités éminentes, sont venus célébrer cette parution, véritable hymne à l'amitié entre les peuples.

À cette occasion, le président des "Amis de la Martinique dans le Bade-Wurtemberg", Serge Chéri-Zécoté, a pu s'entretenir longuement avec Monsieur Yves Le Borgn', député représentant les Français de l'étranger, en présence de Mme le Docteur Martine Schoeppner, première vice-présidente de l'assemblée des Français de l'étranger et conseillère consulaire pour la circonscription Allemagne, Suisse, Autriche, Slovaquie et Slovénie. Ils ont ainsi pu partager leur passion commune et leur enthousiasme pour l'amitié franco-allemande.

Le communiqué complet de cette manifestation est publié sur le site du cercle franco-allemand sous le lien suivant :
www.dfg-baden-baden.de/veranstaltungsberichte/berichte-2014/08112014-buchuebergabe-rencontres-inoubliables.html

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Chez les Amis de la Martinique le 13 juillet 2014
L’Histoire en dialogue

(Texte de Madeleine Klümper-Lefebvre et Günther Klümper)

Josephine

Je suis Joséphine, impératrice des Français, née Marie-Josèphe Rose de Tascher de la Pagerie, en Martinique le 23 Juin 1763. L'Histoire de ma famille peut être remontée jusqu’au début du XIIème siècle. Tous mes ancêtres possédaient de nombreuses terres et étaient très influents. Ils étaient originaires des environs d'Orléans et avaient été croisés, navigateurs, chevaliers, écuyers et conseillers du roi de France. Mon grand-père Gaspard était venu en 1705 en Martinique. L'île elle-même avait été prise en possession par un de mes ancêtres, Pierre Belain d'Esnambuc, au nom du roi de France Louis XII. Mon père Joseph Gaspard passa cinq ans à la Cour du roi de France et épousa ensuite Rose des Vergers de Sannois, qui fut ma mère. Ils vécurent sur la propriété «les Trois Ilets» dont ma mère avait hérité, et qui était située dans la Baie de Fort de France au milieu des plantations de canne à sucre. J'étais la première fille de mes parents. Ma sœur cadette Catherine Désirée décéda à l'âge de onze ans. Marie Françoise, ma deuxième sœur, était la dernière-née. J'ai toujours espéré vivre un jour en France, bien que ma vie en Martinique fût facile et fort agréable. Quand le vicomte François de Beauharnais, né à Fort de France, qui avait voulu épouser ma sœur Désirée, laquelle mourut malheureusement de la tuberculose, demanda ma main, je vis là l'occasion de réaliser mon rêve. Nous nous mariâmes à Paris en 1779. J'avais juste seize ans, j'étais déjà un peu trop vieille à ses yeux! Il n'avait que trois ans de plus que moi. Ce n’était pas le grand amour et nous nous sommes d'ailleurs séparés d’un commun accord, peu de temps après la naissance de notre fille Hortense, qui était venue au monde deux ans après son frère Eugène en 1783. Eugène resta avec son père, je partis pour la Martinique avec ma fille Hortense et y restai deux ans. Puis je rentrai en métropole. Bien que mon mari fût un jacobin actif, il fut arrêté pendant la Terreur et guillotiné. Cela aurait également pu être mon destin si, deux jours avant la date prévue pour mon exécution, Robespierre ne fût déchu. J'étais à présent vicomtesse, à nouveau libre, et puisque j’étais veuve, j’étais libre dans les deux sens du terme. Je fis bientôt la connaissance de Paul Barras, l'un des cinq Directeurs qui vinrent au pouvoir après la chute de la Convention, et je devins sa maîtresse. Ma situation financière, tout comme celle de mes enfants, s’améliorait considérablement. Barras me présenta un jour un officier d'artillerie encore récemment inconnu, et me conseilla de le divertir ce soir-là. Arriva ce que Barras avait imaginé : Napoléon Bonaparte s’éprit de moi. Etait-il seulement amoureux de la femme ou imaginait- il quelque avantage dans une relation avec moi ? Il venait en effet d'une famille patricienne corse assez insignifiante et peu fortunée et recherchait honneurs et pouvoir en France.

**********

Napoleon

Maintenant, laissez-moi prendre la parole, ma chère ! L'Histoire de votre famille peut être remontée jusqu’au XIIème siècle, dites-vous, et vos ancêtres ont tous été riches en biens et en influence, dites-vous, et vous osez qualifier ma famille d' "insignifiante", vous vous plaisez à la considérer avec condescendance! Eh bien, écoute-moi bien ma chère Joséphine : Le plus ancien membre de la famille patricienne à laquelle j'appartiens, était Gianfaldo et vivait à Sarzane en Ligurie entre 1180 et1200. Mes ancêtres vivent depuis 1529 à Ajaccio en Corse et leur état de noblesse est reconnu depuis 1769. Moi-même suis un descendant d'un vice-roi de Corse (1421-1434). N’est-ce toujours pas assez pour vous obliger à un peu plus de respect ? Seulement, voyez-vous, moi, pour ma part, je ne fais pas tant de cas de ma généalogie. Cette noblesse, que je traîne avec moi, ne m’importe guère ! Et tout comme je l'ai écrit dans le journal "Le Moniteur" du 14 Juillet 1805, je me plais à répéter : la Maison des Bonaparte existe « depuis le 18 brumaire" ou, si tu préfères, ma chère Rose, depuis le 9 Novembre 1799, c'est- à- dire depuis que j’ai mis fin à la Révolution et que je me suis fait élire Premier Consul, seul maître en France! Il suffit! Basta!

***********

Vous n’avez pas entièrement tort, mon cher Bonaparte.

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Et puis, regarde ce que j’ai fait de toi ! Sans moi, tu ne serais jamais devenue l'ancêtre de plusieurs dynasties européennes!

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D'accord! ...Oui... en effet... Je n'aurais jamais cru, être un jour plus qu'une reine, bien que cela m'ait été prédit ! Ce petit général, pensais-je, semble s’intéresser beaucoup à moi. Peut-être convoite -t-il uniquement ma fortune ? Si c’était le cas, il devrait bientôt renoncer à ses illusions ! Car, si Paul Barras n’avait pas existé, s'il n'avait pas fait preuve de tant de générosité à mon égard, je n’aurais jamais pu me permettre tant de choses ! ...Ou serait- il possible que ce petit général ait misé sur mes relations pour monter en grade? J'avais bien rapidement démasqué le carriériste en lui ! La question que je continuais à me poser était : devais-je, maintenant que Barras ne s’intéressait apparemment plus à moi, attendre une occasion plus favorable - j'avais maintenant un peu plus de 30 ans, même si j’ai toujours pu cacher mon âge et que je n'ai jamais dévoilé l’année de ma naissance - ou devais-je me lier à Napoléon ? Il n'était certainement pas le meilleur amant, il semblait toujours pressé, tout comme lors des repas... mais amoureux, il l’était, cela sans aucun doute possible. Mais comment pouvais-je savoir, s'il ferait de moi un jour plus qu'une reine? Je n’avais jamais voulu y croire et m’efforçais d’en rire… et pourtant… cette vieille quimboiseuse noire, cette diseuse de bonne aventure, cette Euphémie David, aurait-elle peut-être vraiment pu lire ma destinée dans les lignes de ma main alors que je n’avais que 13 ans ? Selon Euphémie, je devais me marier deux fois. De mon premier mariage devaient naître un fils et une fille. C’est ce qui était arrivé. Je devais ensuite perdre mon mari pendant des événements politiques en France. C’est ce qui était arrivé. Mon deuxième mari devait faire de moi plus qu'une reine... Finalement, je me rendis compte que je croyais bien en la justesse de la prédiction. Pourtant, la grande question perdurait dans mon esprit: Napoléon serait-il ce deuxième mari ? J'acceptais finalement la magnifique bague qu'il m'offrit pour nos fiançailles – j’ai appris depuis que cette bague avait été récemment vendue aux enchères pour 896 400 € - et nous nous sommes mariés civilement le 9 Mars 1796, juste avant son départ comme Commandant en chef de l'Armée d'Italie. Chacun sait qu'il se couvrit de gloire durant cette Campagne et, qu'en conséquence, son importance politique augmentait. Il n'avait que 26 ans. J’en avais 32. Il m'écrivait des lettres passionnées, ardentes, me demandant de le rejoindre. Ce que finalement je fis, bien à contrecœur. Je fus accompagnée de quelques officiers, en particulier du lieutenant de hussards Hippolyte Charles, qui était depuis peu mon dernier amant en date. Hippolyte avait 9 ans de moins que moi, ce qui ne semblait pas le déranger. En matière d’amour, certains jeunes hommes préfèrent les femmes qui possèdent une certaine expérience! Ce qui avait été aussi le cas de Napoléon !

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Oui.. et nous fûmes bientôt le couple, non pas seulement le plus célèbre des souverains d’Europe, mais aussi le plus célèbre couple d’amoureux. Mes sentiments n'ont jamais été tièdes comme ceux du commun des mortels. Ceux que tu as fait naître en moi étaient ceux d'une passion sans limites! Combien de lettres d'amour ardent ne t'ai-je pas écrites à l'époque! Les historiens en ont répertorié plus de 250. Je n'aurais jamais pensé t'en avoir écrit tant! J'étais sexuellement presque inexpérimenté quand je t'ai rencontrée. Tu fus la femme qui m’initia aux arts de l'amour. Je me souviens encore de ma première lettre. Elle avait été écrite au lendemain de notre première nuit d'amour. Ecoute, voici ce que je t'écrivais: « Je me réveille plein de toi. Ton portrait et le souvenir de l'enivrante soirée d'hier n'ont point laissé de repos à mes sens. Douce et incomparable Joséphine...( car c'est ainsi que je voulais dorénavant te nommer), je puise sur vos lèvres une flamme qui me brûle. Tu es l'objet perpétuel de ma pensée... » Toi, par contre, tu ne m’as jamais aimé comme moi je t’ai aimée. Pour toi, c’était plus un «arrangement» qu'autre chose. Barras voulait se débarrasser de toi ! Il fallait donc remettre de l’ordre dans ton statut social. Barras avait été assez habile et m'avait laissé dans l'ignorance des grandes pertes qu’avait subies ta famille lors du cyclone dévastateur de 1766 ! Oui, c'est exact, j'avais espéré pendant un certain temps que tu pourrais aider ma famille à acquérir plus d’aisance ! Mais indépendamment de cela, je t’ai aimée au-delà de toute mesure. Toi pas. Tu préférais le hussard ! La jalousie me rendit littéralement fou! Il fallait que je me venge! Et je me suis vengé ! Je n'étais plus le petit général inconnu. Toutes les femmes se sentaient honorées lorsque le Premier Consul, puis l'Empereur, les trouvait belles et les désirait. Je pouvais faire mon choix parmi les plus belles. Pour une nuit ou deux.

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Mais avec ta Polonaise, cela avait duré un peu plus longtemps ! Oh, si tu savais comme la jalousie me tortura!

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C'était ton tour à présent et ce n’était que justice ! Maintenant tu savais à quel point la jalousie pouvait être un supplice ! Marie, "ma Polonaise", comme tu l’appelles, était un ange. Je l'avais rencontrée le 1er Janvier 1806 lors d'un bal en Pologne, elle était sage et je dus lui faire la cour longtemps. Elle était belle et m'aimait. Elle avait une voix douce et parlait magnifiquement le français. Son précepteur avait été le père de Frédéric Chopin. Et, finalement, c'est elle qui m’a prouvé que ce n'était pas à moi d’assumer la responsabilité du fait que tu ne pouvais pas me donner d’héritier ! Car elle m'a donné un fils.

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Mais Napoléon, vous savez que j'ai tout essayé pour avoir à nouveau des enfants ! Combien de stations balnéaires me promettant la fertilité n'ai-je pas fréquentées ! Certains médecins pensent aujourd’hui que j'avais sans doute gardé des séquelles du choc ressenti lors de mon arrestation et de la peur de la guillotine. J'avais finalement accepté mon sort et compris ta décision de divorcer, cher Napoléon. Il te fallait un héritier pour garantir, durant des générations, la dynastie des Bonaparte. Rappelle-toi : C'était le soir du 15 Décembre 1809, dans la salle du Trône des Tuileries. Tous les dignitaires de la Cour étaient présents. Tu avais déclaré ta décision qui s'apparentait à un enjeu politique : la dissolution de notre mariage, notre mariage qui avait duré 13 ans. J'avais 32 ans, toi 26 à l'époque... Sur le certificat de mariage, je m'étais déclarée un peu plus jeune et toi un peu plus vieux ! J’en ris encore maintenant !

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Oui, ce 15 décembre 1809 ! Joséphine, mon cœur saigne encore quand je repense à ce soir- là. Et les mots que j'avais à dire à ce moment-là brûlent encore mes lèvres quand je les prononce. Dieu sait combien ma décision était difficile à prendre. Je n'en ai trouvé le courage que parce que j'étais convaincu que c'était l'intérêt supérieur de la France. Je me souviens que j'étais au bord des larmes quand j’ai déclaré : « Je ne peux qu’exprimer ma gratitude pour le dévouement et l'affection de ma femme bien-aimée. Elle a embelli 13 ans de ma vie ; la mémoire en sera préservée à jamais dans mon cœur ». Tu étais venue dans une simple robe blanche, sans bijoux, uniquement avec un ruban blanc dans les cheveux. Après les premiers mots prononcés, l'émotion t’avait empêchée de lire la suite de la déclaration pré-rédigée. Le secrétaire d’Etat Regnaud de St Jean d'Angely avait poursuivi : « privée de tout espoir d’enfanter ... je lui offrais la plus grande preuve d'attachement et de dévouement qui ait jamais existée sur terre."

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Oui, Napoléon, je n'en pouvais plus. Ma signature ressembla à un gribouillis... Je crois avoir vu des larmes dans les yeux de tous les assistants. Notre mariage, qui avait été célébré en 1796, était devenu un obstacle aux intérêts de la France. Je ne m'étais pas cassé la tête sur la légalité, ni sur la problématique de la régularité civile ou canonique de mon divorce. J’ai quitté les Tuileries le lendemain et arrivai sous une pluie battante à la Malmaison. Je devais maintenant essayer de retrouver mon équilibre moral et parvins même à donner suite à ton invitation au repas de Noël au Grand Trianon. J'y vins, accompagnée de mes enfants Eugène et Hortense. Il ne me parut pas difficile de renoncer au titre d’"Impératrice des Français". Mais renoncer à ton amour fut très difficile. J'étais toujours "l’Impératrice Joséphine » et, c’est en tant que telle, que le Tsar Alexandre Ier de Russie me rendit hommage en avril 1814. Tu avais déjà abdiqué et te trouvais sur l'île d'Elbe, chef d’un état de 10 000 sujets à la tête d’une armée de 1 000 hommes. Je t’aurais certainement rendu visite là-bas, si ma santé l’avait autorisé. J’aurais peut-être fait la connaissance de Marie Walewska, de votre fils Alexandre Florian Colonna-Walewski, qui devint plus tard ministre des Affaires Etrangères dans le gouvernement de son cousin Napoléon III, de mon petit-fils, le fils de ma fille Hortense et de ton frère Louis. Ce n'était qu’à cause de cette angine purulente, qui devait me coûter la vie, que je n'ai pu venir.

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J'avais appris très rapidement ton décès. J’avais en effet un réseau d'agents qui m'informaient chaque jour de la situation en France. Cette nouvelle m'avait profondément ébranlé. Je venais de repenser à notre couronnement triomphal, le 2 Décembre 1804 à Notre-Dame. Mais, tout juste avant les célébrations, il y eut une ombre au tableau : Tu avais confessé au Saint-Père que nous n'étions pas mariés religieusement. Il s’est montré bien entendu prêt à réparer cela immédiatement, me démontrant par là qu'il y avait encore des domaines dans lesquels le pouvoir spirituel était au-dessus du pouvoir séculier. Après ce mariage religieux célébré en secret, tu te sentis quelque peu réconfortée et pensais ne plus devoir craindre un éventuel divorce. Pauvre Joséphine !

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Tu m'avais si souvent menacée de divorcer ! Déjà lorsque tu es revenu d'Egypte, et puis à l’occasion de chaque dépense que je faisais !

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« Chaque dépense » ! Mais c’étaient des fortunes que tu dépensais ! Tu faisais des dettes énormes et que je devais rembourser ! Comment pouvais-je répondre de cela devant les Français ? Mon éducation m’avait appris à être économe mais c’est surtout ton style de vie extravagant qui m'a offusqué! Et puis toutes tes trahisons ! Rappelle-toi, ma chérie, comme j'ai souffert quand j'ai appris, à Ouardan, dans les sables brûlants d’Egypte, que toute la France était au courant de ton comportement, de ton infidélité ! Autour de moi, c’était le monde entier qui s’écroulait ! C'était le 19 Juillet 1798. Ah ! Quelle journée sinistre ! Et pourtant, j'étais encore amoureux, tout simplement fou de toi et ne pouvais oublier « les visites dans la petite forêt noire"… je continuais à l’embrasser dans mes rêves !

*********

Maintenant, tout cela c'est du passé. Nous ne sommes plus de ce monde tous les deux. Et pourtant, nous continuons à vivre dans les livres d'histoire, sur Internet ... À Paris, au Musée du Luxembourg, une exposition s’est tenue du 12 mai au 29 Juin de cette année, en mon honneur, à l’occasion du bicentenaire de ma mort. Des souvenirs personnels et des œuvres de mes collections d’art ont enthousiasmé les visiteurs. Ceux-ci ont pu découvrir, à cette occasion, quelle influence j’avais exercée sur l’évolution des arts et de la mode pendant l’époque consulaire et puis, impériale. Ils ont pu constater que j’étais déjà, en ce temps-là une femme moderne, passionnée par les voyages, la musique, les arts, la mode et les jardins. Leur intérêt évident fut un baume pour mon cœur après les nouvelles que j'avais reçues, il y a quelque temps, de mon île natale : ma statue, érigée en 1859 à l'initiative de mon petit-fils Napoléon III, avait été décapitée en 1994. J'étais devenue la «femme sans tête». Une femme humiliée. Certains insulaires m'avaient accusée à tort d’avoir influencé la réintroduction, par la loi du 20 mai 1802, de l'esclavage dans les colonies. Nonobstant le fait que tu avais toujours souligné que les femmes ne devaient pas jouer de rôle en politique, mes compatriotes avaient omis de considérer que, lorsque la Convention avait aboli l’esclavage en 1794, l'île était, pour la 2ème fois, sous administration britannique et que le décret français ne s’y appliquait donc pas ! La petite statue a fini par récupérer une tête et elle est de retour à Fort de France près du Mail de la Liberté, à l'endroit qu’Aimé Césaire avait choisi pour elle ; mais le souvenir de cet attentat me fait toujours mal ! Aujourd'hui, ce sont les « Amis de la Martinique » et le « Cercle Franco-Allemand de Baden-Baden », qui célèbrent à nouveau ensemble la fête nationale française, qui nous ont invités, et nous avons laissé parler notre cœur devant eux... ********

Cela m'a fait tellement de bien de te rencontrer à nouveau mon amour, mon incomparable Rose, ma chère et incomparable Joséphine, mon amie éternelle ...

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Madeleine Klümper-Lefebvre et Günther Klümper, juillet 2014

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Invitation

Chers membres, chers amis, chers sympathisants,

L’association des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg et le cercle franco-allemand de Baden-Baden ont le plaisir de vous inviter à la plantation d’un Mahogany en mémoire du poète, écrivain, et homme politique martiniquais Aimé Césaire (1913-2008) dans les jardins de la célèbre Lichtentaler-Allée de Baden-Baden,

le jeudi 17 avril 2014.

Rendez-vous à 11h00 près des terrains de tennis.

A l’issue, à partir de 11h30, un apéritif sera servi à l’hôtel Atlantic (situé en face du théâtre), lors duquel M. le Dr. Heinrich Niederer, président du cercle franco-allemand, exposera la vie et l’œuvre d’Aimé Césaire.

Une participation de 10 € par personne, à verser sur le compte de l’association avant le 10 avril, est souhaitée. Le virement tient lieu de réservation.

Recevez, chers amis, mes plus chaleureuses salutations.

Le président Serge Chéri-Zécoté

(Stadtsparkasse Baden-Baden -BLZ 662 500 30 - Kto.-Nr: 50101773 - BIC SOLADES1BAD - IBAN DE03662500300050101773).

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Communiqués (2013)

Article cercle franco-allemand Baden-Baden du 12-7-2013 sur www.dfg-baden-baden.de

A Baden-Baden aussi, on pense à Aimé Césaire

Auteur : Dr Heinrich Niederer

Il y a cent ans naquit Aimé Césaire dans une petite ville de la Martinique. Cette occasion fut saisie par le président français François Hollande pour le commémorer au Panthéon à Paris et son premier ministre s’envola pour la Martinique, pour honorer celui qui y est vénéré comme Nelson Mandela.

Ici, le poète, politicien et enseignant est presque totalement inconnu. Pour cette raison, l’association des Amis de la Martinique et le cercle franco-allemand de Baden-Baden, avec la coopération amicale de la bibliothèque municipale, a invité à une conférence à laquelle Madeleine Klümper-Lefebvre a rendu vie à Aimé Césaire, surtout à travers des citations choisies.

Ce garçon, issu d’une famille d’enseignants martiniquaise, a joui d'une éducation classique française. En raison de ses excellents résultats au baccalauréat, il a pu étudier à Paris. Sa première rencontre avec la ville sur la Seine a été un choc culturel pour lui : il a pris conscience de la couleur de sa peau et de ses origines coloniales. Il a rapidement appris à connaître d'autres étudiants qui, comme sa grand-mère, étaient originaires d’Afrique et qui avaient développé une conscience aiguë de leur héritage de descendants d'esclaves. Avec un diplôme brillant d’enseignant en poche, de pensées troubles et de doutes dans sa tête, il retourna à la Martinique pour enseigner dans son ancien lycée.

Ce retour a été un nouveau choc des cultures, qui lui a révélé qu'en tant que politicien, il pourrait avoir l'occasion d'aider ses compatriotes insulaires à sortir de leur misère. Césaire a été pendant de nombreuses décennies le maire de la capitale de l'île ainsi que député à l'Assemblée nationale à Paris. Oscillant entre deux mondes, il a contribué à faire de la Martinique un véritable département français, dans lequel aujourd’hui on paye en Euros, tout comme chez nous.

En tant que maire, il a beaucoup travaillé à l'amélioration concrète des conditions de vie sur l'île. Mais son véritable effort consista à développer la conscience des hommes qui avaient perdu leurs racines par l'esclavage et la colonisation. Tout particulièrement, ce sont ses poésies et pièces de théâtre qui devaient aider à y parvenir.

Le président de l’association des Amis de la Martinique, M. Cheri-Zécoté remercia de tout coeur la conférencière pour l’éloge à son grand compatriote et formula un «rêve» qui siérait à la réputation de Baden-Baden de «ville la plus française d’Allemagne»: l’érection d’une statue d’Aimé Césaire, en mémoire de cet homme qui a combattu toute sa vie et sans relâche pour la défense des opprimés du monde.

Lien pour accéder à l’original de l’article: www.dfg-baden-baden.de/veranstaltungsberichte/berichte-2013/12072013-vortrag-aime-cesaire.html

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Plaque commémorative

Chers amis, chers membres, chers sympathisants,

À l'initiative du comité directeur et, de son président Serge Chéri-Zécoté, l'association des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg souhaite faire placer une plaque commémorative à Baden-Baden à la mémoire du poète, essayiste et homme politique martiniquais Aimé Césaire. Après contacts avec les autorités de la ville, cette plaque en bronze présentant le portait d’Aimé Césaire sur fond de Montagne Pelée, pourrait trouver sa place dans un des jardins de Baden-Baden.

Cette action est appelée à être financée en partie par des dons. Nous faisons donc appel à la générosité des membres et sympathisants qui souhaiteraient nous aider à réaliser cette action culturelle. Toute aide en effet, aussi minime soit-elle, sera la bienvenue.

La marraine à l'occasion de l'inauguration sera Madame Madeleine Klümper-Lefèbvre du Cercle franco-allemand, à qui dès maintenant nous adressons nos remerciements les plus chaleureux et très amicaux.

Le nom des généreux donateurs sera communiqué sur notre site Internet www.martinique-bw.de, sauf avis contraire de leur part.

Coordonnées bancaires internationales : BIC SOLADES1BAD–IBAN DE03662500300050101773

Avec mes salutations les plus chaleureuses

Le président

Serge Chéri-Zécoté

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Hommage an Aimé Césaire

Chers membres, chers amis, chers sympathisants,

L’association des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg a le plaisir de vous convier à la manifestation «hommage à Aimé Césaire» organisée à l’occasion du 100ème anniversaire de sa naissance, le vendredi 12 juillet 2013 à 19h30, à la bibliothèque municipale de Baden-Baden, Luisenstrasse 34.

Intervenants: Madeleine Klümper-Lefèbvre (en français) et Günther F. Klümper(en allemand)

Concernant le programme:

Madeleine
Klümper Lefebvre
Günther F. Klümper

Aimé Césaire est né á la Martinique le 25 juin 1913 et y mourut le 17 avril 2008. Après des études secondaires, il reçut une bourse d’études du gouvernement français qui lui permit de faire des études supérieures à Paris. De concert avec le poète et futur Président du Sénégal Léopold Sédar Senghor, il élabora le concept de la «Négritude» et publia entre autres les gazettes culturelles L’Etudiant Noir et Tropiques. Maire de Fort-de-France et député de la Martinique, il siégea à l’Assemblée Nationale dans les rangs du PS.

Césaire créa une remarquable oeuvre littéraire: Poèmes, Essais, Pièces de Théatre. C’est à l’occasion du centenaire de sa naissance que Madeleine Klümper-Lefebvre et Günther F. Klümper vous présenteront, après s’être longuement penchés sur son œuvre littéraire, cette personnalité hors du commun.

Ils tenteront de vous faire apprécier dans toute sa valeur son style de prime abord difficilement accessible et semé d’embûches stylistiques.

Après la brève introduction en allemand de Günther F. Klümper, Madeleine Klümper-Lefebvre fera son exposé en français et présentera quelques textes d’une portée essentielle.

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Invitation

Chers membres, chers amis, chers sympathisants,

L’association des Amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg a le plaisir de vous convier au déjeuner festif à l’occasion du 10ème anniversaire de sa création (2003-2013)

le vendredi 12 juillet 2013 à 12h00

à l’hôtel-restaurant Rebenhof à Neuweier, Weinstraße 58.

Programme:

Accueil des convives
Mot de bienvenue du Président et fondateur Serge Chéri-Zécoté
Rétrospective

Proposition de menu :

1) Verre de l'amitié
2) Amuse gueule
3) Salade estivale
4) Steak de veau à la florentine, épinards et spätzle
    ou:
    Entrecôte au poivre vert, petits légumes et pommes frites
    ou:
    Saumon braisé avec sauce au Riesling, petits légumes et pâtes
5) Sorbet 3 parfums avec fruits
    ou:
    Panna cotta avec fruits rouges et sorbet framboise.

Prix=26,50€, verre de l'amitié inclus.

Le montant est à verser sur le compte de l'association, pour le 1er Juillet dernier délai. Le virement tient lieu de réservation.
(Stadtsparkasse Baden-Baden -BLZ 662 500 30 - Kto.-Nr: 50101773 - BIC SOLADES1BAD - IBAN DE03662500300050101773).

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Communiqués (2012)

Procès-verbal

ASSEMBLEE GENERALE 2012

Date: 2. November 2012
Lieu: Residenz Bären, 76534 Baden-Baden Lichtental

Le président Serge Chéri-Zécoté ouvre l'assemblée générale à 18h00. Il souhaite la bienvenue aux participants et constate que le quorum est atteint pour délibérer valablement conformément aux statuts. Il présente les excuses des membres suivants : Astrid Sperling-Theis, Willy Rollé, Frédéric Lelasseur, Charles Babillotte, Anouk Chéri-Zécoté. Sur ce, il rappelle l'ordre du jour communiqué par la convocation :

1 - Hommage aux disparus
2 - Rapport moral
3 - Rapport financier
4 - Quitus
5 - Elections du bureau
6 - Modification des statuts
7 - Manifestations 2013
8 - Divers

Point 1:
Une minute de silence est observée en hommage aux disparus.

Point 2 :
Le président présente les nouveaux membres et rappelle les événements de l'année 2012 : Fête du nouvel an en commun avec l'association Turgenev, présentation de l'association à la Maison de la Martinique à Paris, fête nationale française, avec comme thème Léon Gontran-Damas, ainsi que la présente assemblée générale.

Point 3:
Les comptes sont présentés et commentés aux membres.

Point 4:
Le quitus est accordé à l'unanimité au comité directeur pour sa gestion.

Point 5:
Le bureau actuel est reconduit à l'unanimité :
Président : Serge Chéri-Zécoté
Vice-président : Antoine Ruck
Secrétaire : Charles Babillotte
Trésorier : Anouk Chéri-Zécoté
Commissaire aux comptes : Jürgen Krust
Assesseurs : Christiane Ruck, Roswitha Ganter, Georges Ganter, Astrid Sperling Theis

Point 6:
Le §2 des statuts est modifié comme suit à l'unanimité :
" L'association poursuit exclusivement et directement des buts humanistes. Elle assure la promotion des liens entre les hommes de la Martinique et des Caraïbes d'une part, et du Bade-Wurtemberg d'autre part, et ce dans les domaines culturels, sportifs et artistiques. En outre, elle soutient des étudiants originaires de la Martinique et des Caraïbes."

Point 7:
2013 est l'année du 10ème anniversaire de l'association. 2013 est également déclarée "Année Aimé Césaire " en Martinique en mémoire de son 100ème anniversaire. A ces deux occasions, l'association organise un hommage au poète martiniquais le 12 juillet, avec la participation de l'association bibliothécaire de Baden-Baden et le cercle- franco-allemand. La fête nationale française sera commémorée en commun avec le cercle franco-allemand le soir du 14 juillet au restaurant du casino.

Point 8:
Les pensées vont vers le peuple d'Haïti très sévèrement touché par l'ouragan Sandy. Des risques de famine sont à redouter. Des dons peuvent être adressés sur le compte de l'association (Stadtsparkasse Baden-Baden -BLZ 662 500 30 - compte N° 50101773 - BIC SOLADES1BAD - IBAN DE03662500300050101773).

Sur cette pensée, l'assemblée générale est close à 19h30.

Le président Serge Chéri-Zécoté

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Communiqués (2011)

Dezembre 2011

Chers amis, chers sympathisants.

Le comité directeur de l'association des amis de la Martinique et des Caraïbes dans le Bade-Wurtemberg a le plaisir de vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin d'année pour 2011 et une excellente et heureuse nouvelle année 2012. De la joie, de la santé et de la réussite pour vous-même ainsi que pour tous vos proches.

Profitant de l'occasion, nous vous donnons un aperçu du programme de notre association pour l'année 2012 :

Le Président Serge Chéri-Zécoté et les membres de l’association vous invitent très cordialement à ces manifestations.

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Invitation : Poésies d'Outre-Mer

Dans le cadre de la semaine interculturelle de Baden-Baden, l'association des Amis de la Martinique et des Caraibes dans le Bade-Wurttemberg organise une rencontre cuturelle dont le thème est : Poésies de l'Outre-Mer.

Animateur : Monsieur Serge Chéri-Zécoté (président et fondateur de l'association).

„La Terre Magnétique“ (Edouard Glissant) et „Les Poignards du Soleil“ (Aimé Césaire) seront présentés par Mme Madeleine Klümper-Lefèbvre et M. Günter Klümper,tous deux membres du Cercle franco-allemand de Baden-Baden et sympathisants des Amis de la Martinique et des Caraïbes.

Date : 29-9-2011 de 14h30 à 18h
Lieu : RESIDENZ BÄREN/LICHTENTAL Hauptstrasse 36 (tél:0049-7221-979-0) -76534 Baden-Baden.

Présentations bilingues - ENTREE LIBRE.

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Conférence " FRANTZ FANON " du 14 juillet 2011

Par Bernd Theis

Frantz Fanon est né le 20 juillet 1925 à Fort-de-France (Martinique) et est décédé le 6 décembre 1961 à Bethesda (Maryland, près de Washington). Il œuvrait en tant qu'auteur, homme politique et psychiatre. En tant que précurseur de la décolonisation, il apporta de nouvelles pierres aux débats sur la " négritude ", la " créolité " et la lutte pour la dignité et la liberté de l'homme " non-blanc ".

Je commence mon exposé sur Frantz Fanon avec un communiqué de presse :

Bernd Theis présente
la vie et l'oeuvre de Frantz Fanon

Le 4 avril de cette année (2011) à Jénine, au nord de la Cisjordanie , est décédé l'acteur Juliano Mer Khamis à l'âge de 53 ans, lors d'un attentat par des fanatiques.

Ce que cette information lie à Fanon, je vous le révèlerai à la fin de l'exposé.

Depuis mars 1946, la Martinique n'est plus une colonie mais un département d'outre-mer. Les colons blancs ont toutefois toujours continué à considérer (et traiter) les Martiniquais à la peau noire en citoyens de deuxième classe.

Son père Casimir Fanon, fonctionnaire et inspecteur des douanes, a commémoré chaque fête nationale en famille (avec son épouse Eléonore et ses 6 enfants) en mentionnant que la devise " liberté, égalité, fraternité " qui, grâce à l'action de Victor Schœlcher en 1848, devrait également valoir pour les esclaves libérés, ne leur avait pas apporté la liberté et l'assimilation souhaitée.

Déjà à l'âge 10 ans, comme Frantz Fanon l'a écrit plus tard, il a toujours aperçu sur son chemin vers le Lycée Schœlcher (où il a d'ailleurs été formé par Aimé Césaire) le monument dédié à Schœlcher et s'est étonné qu'il n'y avait pas de monument à la gloire des différents idéalistes noirs qui avaient mené les rébellions, bien qu'infructueuses, pour la suppression de l'esclavage.

Fanon se rappelle :

" J'avais alors compris, pour la première fois, qu'on m'enseignait une description biaisée de l'Histoire. "

Je cite maintenant quelques données sur la vie de Fanon, pour évoquer ensuite plus précisément sa notion de la décolonisation.

Frantz Fanon :
auteur, politicien et psychiatre

En 1942, pendant la seconde guerre mondiale, il s'enrôle volontairement dans l'armée, âgé de 17 ans. Il y ressent que les soldats noirs sont traités en hommes de deuxième classe.

Après la guerre il achève sa scolarité en Martinique puis étudie la médecine et la philosophie à Lyon.

Il épouse une Française blanche et est appelé en 1953 au poste chef du service psychiatrique de l'hôpital de Blida-Joinville en Algérie.

En 1956, pour des raisons politiques, il abandonne sa fonction et travaille pour le front de libération national. Occasionnellement, il sert en qualité d'ambassadeur du gouvernement algérien à Accra (Ghana). En tant que sympathisant du FLN, quelques-unes de ses écritures sont interdites et sont vendues clandestinement.

Son premier grand livre " peau noire, masques blancs " parait en 1952. Il y explique qu'une personne noire doit porter " un masque blanc " pour être pris au sérieux dans un monde colonisé.

Je cite :

"Pour le blanc, l'homme noir apparaît inférieur, mais inversement, le blanc est un exemple pour les noirs, avec ses réalisations civilisatrices, culturelles et intellectuelles. "

Fanon s'oppose à l'idéal de la " négritude " telle qu'elle lui fut propagée par son maître Aimé Césaire et rejette ce mouvement avec les mots suivants :

"Mes objectifs réels ne peuvent en aucun cas être déterminés par le passé des peuples de couleur, et je ne traiterai en aucun cas de la renaissance d'une culture noire, non reconnue à tort. "

Au lieu de cela, le postulat de Fanon est la notion de " décolonisation ".

J'essaye d'amener ce postulat vers une notion simple : il s'agit de tenter de réaliser l'utopie, le rêve de nombreux philosophes à différents niveaux, à savoir l'égalité de tous les hommes, quelle que soit leur couleur ; il s'agit de reconnaissance mutuelle ; il s'agit de ce à quoi nous pensons aujourd'hui, à l'occasion de la fête nationale française : la liberté personnelle, la fraternité, le " vivre-ensemble " en paix.

Le grand rêve de la révolution française, duquel émerge la notion implicite de la tolérance, m'apparaît existentiel, surtout si je considère que c'est précisément une association qui a inscrit ses valeurs dans les plis de son drapeau, en l'occurrence la loge maçonnique BzF, qui nous met, à nous les " amis de la Martinique et des Caraïbes ", leurs locaux à disposition.

Je reviens sur le début de mon exposé, sur le communiqué de presse relatif au décès d'un acteur à Jénine.

Juliano Mer Khamis n'était pas seulement acteur et metteur en scène. Il était aussi un combattant de la liberté. En tant " qu'ancien soldat d'élite israélien " il s'est rendu, dans les années 90, en Cisjordanie, pour monter et présenter, avec une équipe de jeunes gens, des pièces de théâtre. Ces jeunes personnes sont devenues, lors de la deuxièmes Intifada (2002) des meneurs de palestiniens, autoproclamés combattants de la liberté.

Il a filmé comment des enfants, habillés de vêtements chatoyants, se sont transformés en terroristes kamikazes.

Il a toujours répété, qu'il ne peut pas s'agir de viser comme objectif " une liberté négative ", c'est à dire une liberté par rapport à Israël, mais que la troisième Intifada doit être culturelle.

Pour cette raison, il a reconstruit le théâtre à Jénine et l'a appelé " Freedom Theatre ", un théâtre contre l'occupation israélienne, qui veut toutefois échapper , avec l'aide de l'instruction et de l'humour , cycle de la violence.

Je cite le journal " Die Zeit " :

"Le juif Mer Khamis a combattu pour la Palestine en se battant pour la jeunesse : pour ces garçons qui ont encore fait dans leur pantalon à 14 ans, parce qu'ils ne pouvaient pas gérer leur traumatisme de la guerre ; pour ces filles, auxquelles les pères n'adressent plus la parole et dont les mères ont pleuré pendant des jours, parce qu'elles voulaient se produire sur une scène. Pendant cinq ans, il était leur père de remplacement, leur maître à penser, leur meneur.

Mustafa Staiti, 25 ans, un de ses " fils adoptifs ", dit : "Notre devoir est de continuer son œuvre. " Il poursuit : " La lutte de Khamis pour la liberté avec " Alice au le pays des merveilles " au lieu de la Kalachnikov, continue. "

Cela irait tout à fait dans le sens de l'idée la décolonisation selon Frantz Fanon.

Et encore quelque chose pour nous Européens : nous trouvons également dans les processus migratoires, des hommes qui veulent participer assurément à ce que nous appelons la modernité européenne, sans pour autant vouloir, ou pouvoir, se résoudre à renoncer complètement à leur propre contexte culturel.

Espérons que ces hommes, peu importe de quelle origine religieuse ou géographique ils sont issus, créent le grand écart entre leurs convictions et ce qu'ils apprennent à connaître sur la " modernité ". Cela est également un défi pour les hommes des pays d'accueil.

Il ne peut évidemment pas être acceptable que nous parlions avec arrogance de notre " modèle de culture " et, ignorant les réalités historiques, nous prétendions que l'Islam n'a jamais appartenu à la " civilisation européenne ". Je rappelle, par exemple, le moyen âge espagnol, où les savants arabes ont entrepris de traduire et de publier les écrits philosophiques et oubliés des grecs ; précisément ces écritures, que nous , ici en Europe, avons trouvons évident d'inclure dans notre socle naturel de valeurs (avec l'héritage chrétien et juif).

Il faut avoir de l'audace pour aller aussi loin et aussi librement dans l'interprétation de l'idée de la " décolonisation " donné donnée par Fanon. Pour cela, il n'y a pas de recette patentée, mais uniquement le courage de le vouloir.

Conclusion :

Je ne peux pas cacher que, dans sa vie, Frantz Fanon a rêvé très probablement d'une révolution réelle et concrète et l'a aussi écrit. Ce qui reste toutefois, c'est l'idée de la décolonisation décrite sous son aspect humain. Pour Fanon, et beaucoup plus tard pour l'Israélien Khamis en Palestine, il ne s'agit pas de la renaissance d'une culture précoloniale orientée vers le passé, mais de la tentative de rechercher et de réaliser une solution en faveur de l'union entre les peuples.

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Chers amis,
Chers adhérents,
Chers sympathisants.

Programme de la journée du 14 juillet 2011.

14h30 :
Vernissage au local associatif de Badenia-Zum-Fortschritt - Oeuvres de l'artiste Philine Kempf. Entrée libre.
Adresse : Vincentistrasse 8 D76530 Baden-Baden.

18h30 :
Conférence de Monsieur Bernd Theis au Lycée Hohenbaden.
Thème:Frantz Fanon.

Accueil musical par quelques membres de l'orchestre du lycée Hohenbaden. Entrée : 3.00€ (la recette est destinée à la caisse du lycée, pour ses activités associatives).

Un buffet froid est prévu à partir de 19h15, au local associatif de Badenia-Zum-Fortschritt. Prix par personne 17.00€, boissons comprises.
Le petit punch sera servi par Monsieur Charles Babillotte, sommelier et secrétaire de l'association. quelques excellents vins choisis par Charles Babillotte accompagneront le buffet.

Les inscriptions pour le buffet seront arrêtées le 01 Juillet.

La somme correspondant à la participation doit être versée sur le compte de l'association.

Je vous souhaite dès maintenant de passer un excellent moment de parfaite Convivialité et je souhaite que nous seront nombreux.

Très cordialement.

Serge Chéri-Zécoté

EMail martinique.bw@gmx.net - Internet www.martinique-bw.de

Banque : Stadtsparkasse Baden-Baden -BLZ 662 500 30 - Kto.-Nr: 50101773
BIC SOLADES1BAD - IBAN DE03662500300050101773

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Communiqués (2010)

Decembre 2010

Chers membres, chers amis et chers sympathisants,

À l'occasion des fêtes de fin d'année 2010 et de celles de l'année à venir 2011, permettez-moi de vous adresser en mon nom personnel et au nom du comité directeur, des voeux sincères et les meilleurs, pour vous-mèmes et pour tous ceux qui vous sont proches et chers ; des voeux de santé et de prospérité, ainsi que du succès dans toutes vos entreprises.

L'association des amis de la Martinique et des Caraibes dans le Bade-Wurttemberg, continue son action afin d'atteindre les buts qu'elle s'est fixés. Des résultats positifs ont été obtenus grâce, notamment, à l'engagement d'une de nos amies et membre qui se démène sans compter pour favoriser l'admission d'étudiants de l'outre-mer dans un institut de formation métropolitain (à cet effet, le soutien et la bienveillance des élus d'outre-mer seraient les bienvenus, qu'ils en soient d'avance remerciés). Elle ne souhaite pas être citée, mais se reconnaîtra. Nous lui adressons donc des éloges et nous lui sommes tout particulièrement reconnaissants.

A bientôt. Joyeuses fètes et une bonne et chaleureuse nouvelle année.

Serge Chéri-Zécoté

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Chers membres, amis et sympathisants,

L'association des Amis de la Martinique et des Caraibes dans le Bade-Wurttemberg.e.v. répond à l'appel de Monsieur l'Ambassadeur de l'UNICEF Lilian Thuram,lancé dans la presse et sur les ondes en faveur des écoliers d' Haiti.

En effet,pour permettre aux enfants d'Haiti de retrouver le chemin de l'école, Monsieur l'Ambassadeur de l'UNICEF pour Haiti Lilian Thuram veut collecter des fonds pour la construction d'écoles. Dans la ville de Port-au-Prince,vivent actuellement plus d'un million de personnes dans des conditions d'hygiène pénibles et insupportables, sous des tentes. Les enfants qui ont la volonté et le courage d'aller à l'école,parcourent durant 2 heures dans certains cas, de très longs trajets.

Permettez-moi donc de vous demander,de bien vouloir aider notre association qui est, depuis la première heure, solidaires aux détresses de ce Peuple durement touché par la catastrophe survenue le 12 janvier de cette année.

Pour tous ceux d'entre vous qui désirent nous aider à collecter des dons, vous pouvez les verser sur notre compte :
Freunde von Martinique und der Karibik in Baden-Württemberg.e.V.
50101773 BLZ 66250030
Sparkasse Baden-Baden-Gaggenau
Mot de passe:Haiti

En vous remerciant d'avance de tout coeur.
Le Président Serge Chéri-Zécoté
Vincentistrasse 8

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INVITATION

Chers amis de la Martinique et des Caraîbes dans le Bade-Wurttemberg.
Chers compatriotes.
Mesdames et Messieurs et chers sympatisants,

La journée culturelle de notre association, aura lieu à Baden-Baden, au local associatif de Badenia - Zum- Fortschritt, Vincentistrasse 8:

Le mercredi 19 Mai 2010 à partir de 14h30.

Vous êtes cordialement conviés.

Thème
Monde latino-américain : Sons, images et impressions des Caraïbes jusqu'au Chili

Programme
Accueil par le comité directeur.
Mot de bienvenue de Serge Chéri-Zécoté.
Modérateur:Herrn Bernd Theis.

Un buffet froid (exotique) accompagné de bons vins du Chili, sera offert à partir de 19h00. Prix 15-euros par personne.

Les personnes qui souhaitent participer à ce repas doivent le faire savoir, en effectuant le versement sur le compte de l'association avant le 10 mai, dernier délai, afin de pouvoir affiner les commandes
Coordonnées bancaires.. Banque : Stadtsparkasse Baden-Baden - BIC SOLADES1BAD - IBAN DE03662500300050101773.

D'ores et déjà nous vous souhaitons de passer un agréable moment à cette journée culturelle.

Très cordialement.

Serge Chéri-Zécoté

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Martinique

Geschichte

Als erster Europäer entdeckte Kolumbus Martinique 1502 auf seiner vierten Reise. Die Insel wurde 1635 von Frankreich kolonialisiert und blieb seitdem bis auf drei kurze Perioden fremder Besatzung in französischem Besitz. Am 23. Juni 1763 wurde Joséphine de Beauharnais, geb. Tascher, die spätere Gattin Napoleons in Trois-Ilets bei Fort de France auf Martinique geboren. Ihre Eltern betrieben dort eine Zuckerrohrplantage, die noch heute als Museum zu besichtigen ist. Auf dem Zentralplatz von Fort de France steht eine kleine Statue von Joséphine, allerdings ohne Kopf, da sie sich bei der Bevölkerung unbeliebt gemacht hatte wegen der erneuten Einführung der Sklaverei auf Martinique.

1902 brach der auf der Insel gelegene Vulkan Mont Pelée aus. Dies hatte 26.000 Tote zur Folge.

1946 wurde Martinique zu einem der französischen Überseedépartements (Départements d'Outre-Mer / DOM), die politisch als Teil des Mutterlandes gelten.

1982 wurde Martinique zur Region erhoben.